Peut-être que c’est mieux de partir

Que de repartir chaque matin

Pour un petit tour sans fin

Peut-être qu’avec des scies

On pourrait suicider la tête des parties

Et des mouvements économiques

Qui se dirigent comme un pendule

Non pas du bas vers le haut comme ou voudrait le croire

Mais bien du haut vers le bas :

Des mains tenaces de l’argent et du pouvoir

Qui pluiefinent  en parpaings sur la gueule des gars gueux

Sans s’en émouvoir.

C’est un gag au pochoir sur les murs de la cité

La ville vivante et heureuse

Avec des trottoirs pleins de merde

Et de chiens qui se ramassent entre eux.

Peut-être que c’est mieux

Une bonne grosse dépression suicidaire

Afin de se départir

D’une ambiance pyramidale casse-gueules.

De quelle tour veux-tu te jeter ?

T’es déjà à terre

C’est comme si c’était fait

Après ce n’est que du bonheur

Des fées blanches partout

Et puis

Plus rien.

Et pourquoi pas des faits rouges

Fini de parlementer avec les synonymeurs de la gruge

Allons plutôt nous baigner

Dans le sang fourbe qui jonche le pouvoir

A mort l’anémie des putassiers députés

Et des concierges du sénat sémillant des séniles :

Ces jeunes vierges jamais dépucelés par le courage

Peut-être qu’il est temps d’en avoir marre

A la place de se flinguer tout cru

Pourquoi ne pas inverser la vapeur

Avec un mât de voile pour ces trous du cul ?

Peut-être qu’il est temps de répartir

La misère.

Bien entendu je suis un crétin inculte

Tout droit sorti de la cuisse de la base à la brasse

Et le crawl ne sera jamais mon culte

Je suis du genre qu’on calme avec un boulot bien hard

Un truc qui empêche de respirer et d’alimenter le cerveau

 

Seulement voilà

En tant que cuistre j’ai tellement connu l’apnée

Que mes amygdales déshydratées par vos vampires soignés

Ont fini par avoir soif de sang

De votre vermine  et de votre imagination aussi lourde qu’une junte

 

Bourré tel un bourreau

J’exige ma tête haute

Ou la vôtre roulant par vent de révolution

Jusqu’à mes pieds peuplés de footballers endormis.

 

C’est un deal,

Le dernier deal

Avant la fatale menace

De l’ennemi public numéro un qui siège en moi

 

Et nous serons nombreux

Pendant des mois

Jusqu’à ce que « vivre avec son prochain »

Soit bien tissé sur vos façades

Jusqu’à la prochaine fois.

 

Peut-être que c’est mieux de partir

Moi je reste encore un peu

Pour un grand tour sans fin

Avec faim.

 

 

 

Cribas 16.10.2009