J’ai vogué comme on dit

Durant des siècles sans amours

Et le jour où il fallut mourir

Je me suis dit comme se disent les ours

Que le cachemire c’est comme l’amour

C’est pas donné à tout le monde

Et j’en pleurais

Sans comprendre sans savoir

Que je parlais de moi.

En fin de course

J’ai ameuté le désespoir

Comme ça comme on sonne une nurse

Alors que Madame est absente.

J’ai fait l’amour avec elle

On dit que je suis trompeur

Moi j’ai pris mon pied sans elle

Si moderne qu’elle était trompeuse.

J’ai appris par la suite

Que je n’étais qu’un homme au foyer

Et ce fut une bonne excuse

Pour continuer à me droguer avec les enfants

Le mari de Teresa maîtrisait son karma

Et la mère que j’étais devenu sans le savoir

La cocaïne.

 

Je n’ai jamais frappé mes mômes

En étant superbement drogué

Ils ont évité mes plus glauques psaumes

Leur mère m’aimait en portant des robes

 

Je lui suis reconnaissant de cet ennui

Et ne lui ai jamais demandé par la suite

Où se dépucelaient nos enfants

Question de budget et de honte par mimétisme

 

J’ai vogué comme on dit

Comme un idiot

Et à l’heure du mimétisme

Au lieu de croire en Rio

J’ai vérifié ma tronche dans un miroir métis

 

Et je me dis que si elles me manquent

Le franchissement de ma ligne fait peine à voir

Et que ma peine est  à la banque

Ce que les femmes maudites engrangent de désespoir

 

Sans renom je filtre ma vie

Car je vogue comme on dit

Sur les plages sans envies

Tout aussi mort que l’amour

 

Et le cachemire je m’en fous

Comme du dernier cador

Moi aussi je suis fort

Comme une solitude pleine d’esprit

 

Je me passerai de votre religion

J’ai vogué comme on dit

Et un jour j’ai découvert les putes

 

Elles m’apprirent l’amour

Pendant des siècles

 

 

 

 

Cribas 17.10.2009