Face à farce (Poésie miroitée)
Par Cribas le samedi 24 octobre 2009, 02:05 - Cribas 2009 - Lien permanent
La poésie résiste aux nouvelles marées
Qu’elle croit
La poésie m’invite à son chant du cygne
J’y crois
Comme au milieu d’un champ de signets
Nos historiques
Sont infoutus de nous parler d’histoire
Puisque c’est à la mode
Voici un poème sans histoires :
Il était une fois
Une vie qu’on faisait passer pour celle d’un cireur
Et avec la foi
Le cuir avait fini par ressembler à son pauvre cœur
Mais il était une fois,
Il faudra qu’on s’en souvienne,
Car cette vie immonde et froide était pleine de peurs
Dans le froid
Il était une fois
Un homme empli par la stupeur
A chaque fois au réveil.
Il vécu dix mille fois
Voire plus en s’épargnant
Et ses tentatives d’être moins froid
Parmi les écureuils
Aussi surprenants que des glands de l’année.
Il était un fou
Un jour
Une nuit comme un ciel unique
Et ses tentatives rimaient avec barbituriques.
Ce n’est pas beau de mourir
Ni doux il paraît
Lorsque la pudeur en soi
Refabrique ses chiennes tardives.
Il avait en lui
Une sorte d’incendie
Il était une fuite
D’essence.
Une phrase folle
Ludique telle une idée en suspens.
Elles sucent ce pan d’homme
Victorieuses au départ
Et plus fortes encore
Lorsque leurs pins capricieux attaquèrent la charpente.
Il y a du monde là-haut
Dans les greniers de l’amour,
Côté cœur il y a les femmes
Les salles up en hiver
Les cons down au printemps
Les amours mortelles s’inventent
Sans se passer de l’histoire des saisons.
Il était une fois les jappeurs
Et les chapardeuses
En bref l’amour à l’affût du bonheur
Qui les rend heureuses
La poésie hésite face aux blêmes nuées
Quel choix ?
La poésie sismique est un chant du rythme
J’y vois
Plus clair qu’en nos infoutus signes d’histoires mués
Et à l’aide d’un seul doigt
Je me détermine à l’index des buées…
Cribas 24.10.09


Commentaires
Parce que nous sommes tous un peu incendiaires tu peux compter sur nous pour te réapprovisionner quand les braises frémissent ...
Les mots vibrent, le flou s'installe, c'est folie que de vouloir mettre, entre l'œil et le verbe, un verre correcteur. Le fou parle, la glace tremble et se brise. Un coup de flou dans l'œil, une petite larme en coin, c'est très difficile de voir la larme dans l'œil du chat du Cheshire. A peine un coup de flou qui s'évapore au feu des cils, le regard dessillé qui n'ose croire ce qu'il lit, et qui sourit, fou allié et chapeau bas.
Il y a du Prévert, là-dedans, il y a du Desnos, il y a du Tardieu, et ce serait encore mieux si tu ne les avais pas lus. J'aime l'idée que les poètes se passent le mot même sans se lire. J'aime que la poésie relie les temps et les vies au delà du lis, tais, rature. J'aime que l'homme reste homme, une génération après l'autre, que la faim des temps continue à nourrir les feux de l'esprit, et pas seulement pour rire.
Bien entendu, je n'ai rien dit.
;-)
éloquences
les éloquences ont pris leurs quartier d’envers
sur les mots pelés à rêver
féerie de solitude à envergure de colombe
chatoiement délicat du désert grisé
valse tout autour d’un deuil qui nargue
comme l’armure plombée
devenue molle
au temps du génie
les étincelles d’azur sont accolées aux musées
la quête s’attarde aux pieds des muses assises
C'est cul elfe gay...