La poésie résiste aux nouvelles marées

Qu’elle croit

La poésie m’invite à son chant du cygne

J’y crois

Comme au milieu d’un champ de signets

Nos historiques

Sont infoutus de nous parler d’histoire

Puisque c’est à la mode

Voici un poème sans histoires :

 

Il était une fois

Une vie qu’on faisait passer pour celle d’un cireur

Et avec la foi

Le cuir avait fini par ressembler à son pauvre cœur

Mais il était une fois,

Il faudra qu’on s’en souvienne,

Car cette vie immonde et froide était pleine de peurs

Dans le froid

Il était une fois

Un homme empli par la stupeur

A chaque fois au réveil.

Il vécu dix mille fois

Voire plus en s’épargnant

Et ses tentatives d’être moins froid

Parmi les écureuils

Aussi surprenants que des glands de l’année.

Il était un fou

Un jour

Une nuit comme un ciel unique

Et ses tentatives rimaient avec barbituriques.

Ce n’est pas beau de mourir

Ni doux il paraît

Lorsque la pudeur en soi

Refabrique ses chiennes tardives.

Il avait en lui

Une sorte d’incendie

Il était une fuite

D’essence.

Une phrase folle

Ludique telle une idée en suspens.

Elles sucent ce pan d’homme

Victorieuses au départ

Et plus fortes encore

Lorsque leurs pins capricieux attaquèrent la charpente.

Il y a du monde là-haut

Dans les greniers de l’amour,

Côté cœur il y a les femmes

Les salles up en hiver

Les cons down au printemps

Les amours mortelles s’inventent

Sans se passer de l’histoire des saisons.

 

Il était une fois les jappeurs

Et les chapardeuses

En bref l’amour à l’affût du bonheur

Qui les rend heureuses

 

La poésie hésite face aux blêmes nuées

Quel choix ?

La poésie sismique est un chant du rythme

J’y vois

Plus clair qu’en nos infoutus signes d’histoires mués

Et à l’aide d’un seul doigt

Je me détermine à l’index des buées…

 

 

 

 

 

Cribas 24.10.09