Ils se moquent ou m’ignorent

Parce que ce n’est pas leur univers

Parce que c’est mon univers

Je m’y sens bien, parfois plus fort

 

Je pourrais parler de droit d’entrée

De grille fondue à l’ancienne et scellée

De mécanisme à plat requinqué

De résilience avec toupet

 

Mais non c’est bien pire

Je m’incruste en parlant de poésie

Mon vieux singe qui se mire

Ma passion bue jusqu’au fond de mon lit

 

Ce qui va suivre n’est pas un poème :

 

Dans les camions blindés de la Brinks

J’ai vu un numéro qui fêtait mon hasard

Tout excité j’ai chanté comme on chuinte

Et tué afin d’améliorer mon ordinaire

 

Le casse a réussi

Et maintenant aux Bahamas

Comme dans les films

Je me pose des questions de palaces

Et mon ordure de vie me dicte :

« As-tu tué des hommes inconnus ? »

 

On tue des inconnus à l’arme lourde

L’âme légère

Tout ça parce qu’une vipère

Au poing

 

Les armes premières

Le venin de ma mère

 

Je me moque de la vie

Et à fortiori de l’univers

L’amour me manque à l’infini

Comme un casse d’infortune

 

Ils nous faisaient un nom

Et à moi un cercle vicieux

Les gens crevant sous les ponts

M’empêchant de vivre vieux

 

J’ai vu le monde

J’ai tué par instinct de survie

J’ai joué au con

Et je ne tremble plus comme un cil

 

Je m’en moque je suis mort

Ce n’était pas mon univers

J’ai troqué ma vie en écrivant la mienne

Et quelques vers…

 

 

 

Cribas 01.11.2009