A quoi bon vérifier

Ce que nos raisons piétinées deviennent ?

Est-il bon de mesurer sa haine

Alors qu’on est décidé à en faire un fricot ?

On peut aussi gigoter comme les vers

Qui ont toujours froid

Et sans cesse maille à départir

Avec les gilets rois, plus légers avenirs.

J’ai eu souvent froid

Lorsque je manquais d’aiguille

Jeune aux abois, shooté dans les coursives.

Vieillissant sous les coulées de bave

J’ai dû manquer un artefact

Quelque chose cloche sur mon intact

Comme une coulée de lave gélifiée sur le chant.

Je vois rouge

Orangé

Impossible de bouger un doigt maintenant

Sans me faire remarquer.

Les bilans c’est fait pour les sanguins

Moi je m’écoule dans mes veines

Comme un frein sans chaines

Stoppe net

Interloqué par tant de purin.

Quel grand seigneur

Ce fairplayeur qui git en moi,

Qui à la moindre odeur

 S’arrête tel l’animal sans choix.

 

Le parfum du fumier déroute

Le poète qui, lui, est un malotru,

Dérange toujours le bordel des soutes

En y organisant des réunions à la vue de tous.

 

Et ça se sent

Le cafard qui dérouille mieux la nuit.

Oh oui on le ressent

L’insecte millénaire, précisé et nocturne.

 

Qu’est-il de plus important

Que le cafard ou les abeilles ?

La syntaxe des bordels

Ou la piqûre d’une guêpe dans le vent ?

 

A quoi bon vérifier

Sur internet

Tout ce temps à chier

Passé à compter les blattes et les blêmes ?

 

Je n’aurais rien fait de moins de ma vie vacante

Qu’un peu plus que tout le monde

On voit des limousines passer sur nos vacances

Sans tente peuplée de micro-ondes.

 

A quoi bon vérifier que le parfum du grill ?

Caïn est grillé

Abel est aussi gras qu’une pauvre sardine

Son engin à merguez rouillées.

 

A quoi bon vérifier ?

Quarante années viennent de ces coulées…

 

 

Cribas 11.11.2009