Refrain de non retour (Amis de la poésie, bonne nuit)
Par Cribas le samedi 14 novembre 2009, 00:19 - Cribas 2009 - Lien permanent
La poésie est plus pour moi une tentative existentielle, deux mains de
dynamite, impossible chemin personnel, qu’une sorte
de littérature d’ambiance à tout bout de chants.
J’ai refusé toute organisation de ma pensée, par un phénomène inconnu, dans l’irrigation sordide de mes moindres ambitions.
Je me laisse planer, comme le doute.
C’est peut-être par bêtise. C’est peut-être par bêtise aussi que trop souvent un poème commence par la mer, et fini dans des embruns d’étoiles ou de ciels magiques incompréhensibles comme des nuages éclairs.
Pourquoi renoncer ?
Parce que renoncer est un verbe du premier groupe, et que franchement il est inutile d’aller plus loin. Tous les mêmes.
La poésie, pour ce qu’il en reste ou pour ce qu’elle est -et d’après ce que modestement j’en ai compris- devrait nous faire rêver, ou au moindre nous procurer la sensation d’un voyage. La plupart des poèmes que je lis, que je me dis même, parfois, a mon époque en silence jetant un soporifisme (néologisme) sur ma langue, et une grue imaginaire dotée de crocs non singuliers.
La poésie meurt au rythme de ses pâles copies.
Ou alors peut-être que la navigation de l’homme est toujours aussi cinglée ?
Barbapapa à tribord, maman est alcoolique, je le souhaite de tout mon foie.
La décadence est une chose, la médiocrité en est une autre, la poésie c’est encore autre rose, un parfum d’interdit.
C’est pourquoi je vois la poésie comme une fulgurance, un point possible de retour, ou non.
Tentative modeste d’une preuve à l’appui :
Ravalant mes chardons usés
Aiguisés piquants
Et ce vers l’âge de trente ans
Je m’suis dit dans la fiente
Ceci n’est que mon exemple
Vivant parmi tant d’hôtes.
Puis verre à vers
J’ai choisi d’arrêter la drogue
Pour un monde plus vert
Une vie un peu plus rock
80 ans sans Phileas Fogg
C’était mieux qu’un monte-en-l’air.
Revival in my ghost
Mon anglais au fumier
J’ai rongé ma photo
Dans un coin du foin.
Alors chaque nuit je dors au chaud
Seul comme la tiédeur
Et il pue ce bonheur
Alors chaque heure m’en fait un show
Réglissant mes lardons rusés
Sans femme sans enfant
J’offre des bonbons aux musées
Régalant ma vie de tartempion
C’est pourquoi je vois la poésie
Aussi fière à bras
Qu’un point de non retour à la vie
Ou moi.
Et je vous en prie :
Dites yeah man !
Cribas 14.11.2009


Commentaires
Yeah man ! ;)