La poésie est plus pour moi une tentative existentielle, deux mains de dynamite, impossible chemin personnel,  qu’une sorte de littérature d’ambiance à tout bout de chants.

J’ai refusé toute organisation de ma pensée, par un phénomène inconnu, dans l’irrigation sordide de  mes moindres ambitions.

Je me laisse planer, comme le doute.

C’est peut-être par bêtise. C’est peut-être par bêtise aussi que trop souvent un poème commence par la mer, et fini dans des embruns d’étoiles ou de ciels magiques incompréhensibles comme des nuages éclairs.

Pourquoi renoncer ?

Parce que renoncer est un verbe du premier groupe, et que franchement il est inutile d’aller plus loin. Tous les mêmes.

La poésie, pour ce qu’il en reste ou pour ce qu’elle est -et d’après ce que modestement j’en ai compris- devrait nous faire rêver, ou au moindre nous procurer la sensation d’un voyage. La plupart des poèmes que je lis, que je me dis même, parfois, a mon époque en silence jetant un soporifisme (néologisme) sur ma langue, et une grue imaginaire dotée de crocs non singuliers.

La poésie meurt au rythme de ses pâles copies.

Ou alors peut-être que la navigation de l’homme est toujours aussi cinglée ?

Barbapapa à tribord, maman est alcoolique, je le souhaite de tout mon foie.

La décadence est une chose, la médiocrité en est une autre, la poésie c’est encore autre rose, un parfum d’interdit.

C’est pourquoi je vois la poésie comme une fulgurance, un point possible de retour, ou non.

Tentative modeste d’une preuve à l’appui :

 

 

 

Ravalant mes chardons usés

Aiguisés piquants

Et ce vers l’âge de trente ans

Je m’suis dit dans la fiente

Ceci n’est que mon exemple

Vivant parmi tant d’hôtes.

Puis verre à vers

J’ai choisi d’arrêter la drogue

Pour un monde plus vert

Une vie un peu plus rock

80 ans sans Phileas Fogg

C’était mieux qu’un monte-en-l’air.

 

Revival in my ghost

Mon anglais au fumier

J’ai rongé ma photo

Dans un coin du foin.

 

Alors chaque nuit je dors au chaud

Seul comme la tiédeur

Et il pue ce bonheur

Alors chaque heure m’en fait un show

 

Réglissant mes lardons rusés

Sans femme sans enfant

J’offre des bonbons aux musées

Régalant ma vie de tartempion

C’est pourquoi je vois la poésie

Aussi fière à bras

Qu’un point de non retour à la vie

Ou moi.

 

Et je vous en prie :

Dites yeah man !




 

 

 

Cribas 14.11.2009