Demain sans peinture...
Par Cribas le vendredi 20 novembre 2009, 01:51 - Cribas 2009 - Lien permanent
Les petits mots pour faire des phrases
Balancés paisibles comme on se débarrasse de ses démons
A l’instant où nos propres frasques
Deviennent insurmontables autant que l’autre les surmonte
On ignore tant
Ce qui tente ceux qu’on croit aimer
Au moins tout autant que soi-même
Qu’on balaie souvent d’un revers de conscience
Les petits flatteurs
En deux minutes
En prennent pour des heures
A l’abri de la lutte
En flattant
Sans comprendre ils offrent de grands sourires
Conscients de leur condescendance
Mais ignorant que l’ignorance
N’obéit pas en chacun selon les mêmes prières
On t’écoute en trente secondes
Puis on s’écoute quelques minutes
Puis telle une souris comme un serpent
On croit s’être fabriqué un appeau invisible
Les flatteries sont criantes
Hurlantes comme un I trop pimpant
Pour les ouïes habituées aux fientes
Des mouettes sans viseur
Les petites phrases se prennent pour des réverbères
Même sur les vers reluisants
Elles ont l’impression d’éclairer la lumière
Puisque la nuit coule à flots en leurs veines cinglantes
Tout va dans des cases
Sauf la poésie qui cherche encore son tiroir
Et ses maux sentent la brasse
Alors qu’elle nage plus libre qu’un crawl asphyxié
La poésie est dans la nasse
Mais son poison en liasses
Exige un mammifère serein qu’elle ne doit à personne
Pour autant que l’amour
La poésie n’est redevable de rien
En tout et pourtour
Son existence est celle d’un clébard
Les petits mots qui la flattent
Ou la moquent
Ne sont que quelques chiennes
Ou quelques chattes masculines
Dont l’ambiance brésilienne
Rassemble à la folie
La décapante bêtise humaine
Décapée trébuchante
Notre époque c’est aujourd’hui.
Les petites flatteuses ont bon goût
Les chieuses on doit les ramasser
Les mâles s’en moquent comme d’un mini-sac poubelle
Comme la merde du toutou d’une petite vieille.
Des gros mots pour faire des frasques
Ou des phrases
Des élucubrations sans éjacs
Et des gens fondant sur les trottoirs
Plutôt que l’enfer des morpions
(Mort back)
Sans comprendre elles offrent de grands sourires
Sans cons prendre ils offrent leur rage
La méthode est moderne ou la pire
Parfois elles ne sourient plus.
On ignore tant ceux qui sont tentés
On se sent amer
On ne se jette plus au cou de l’intenté
Non on se balance d’un pont
On a notre fierté
Ou dans un lac même si c’est injuste
Tout ce qu’on veut c’est mourir
C’est tellement plus facile pour notre buste
Que ces statuts d’amour.
Les petits flatteurs étaient tous tombés
Soit dans une rivière
Genre la flotte en bas d’un pont
Soit dans un étang
Ce qui revient à la même définition
Nous chuteront tous en nous méfiant de l’amour
Moi ça me fait rire
Car je n’aime personne plus que l’amour…
Avouez que c’est décapant
En deux minutes
L’horreur
Ou l’amour qui fait chute…
La flatterie est une maladie
Aimer est son vaccin si rare
Qu’un peu de haine dans mes lignes en peau de chagrin
C’est toujours mieux que peau de balles
Ou peau de zébu
Ou sur le popo des enfants t’en veux pas
Ou une famille qui a du pot
Qui n’a pas les enfants qu’elle ne veut pas
Ou et qui n’en n’a pas d’autre
Les maux qui la punissent
La famille cul-de-jatte
C’est pas mieux que peau de zob
Sa petite chatte familière.
L’hymne à la famille est grand ouvert
Mais ça dépend de quelle poésie…
Amen
La truite rouille
Pendant qu’un requin fouille
Ses mers de tons à l’huile.
Cribas 20.11.2009


Commentaires
sans peinture mais avec une verve de maître !
C'est tout ce que j'aime .
"Les petites phrases se prennent pour des réverbères
Même sur les vers reluisants
Elles ont l’impression d’éclairer la lumière
Puisque la nuit coule à flots en leurs veines cinglantes"