Les petits mots  pour faire des phrases

Balancés paisibles comme on se débarrasse de ses démons

A l’instant où nos propres frasques

Deviennent insurmontables autant que l’autre les surmonte

 

On ignore tant

Ce qui tente ceux qu’on croit aimer

Au moins tout autant que soi-même

Qu’on balaie souvent d’un revers de conscience

 

Les petits flatteurs

En deux minutes

En prennent pour des heures

A l’abri de la lutte

En flattant

 

Sans comprendre ils offrent de grands sourires

Conscients de leur condescendance

Mais ignorant que l’ignorance

N’obéit pas en chacun selon les mêmes prières

 

On t’écoute en trente secondes

Puis on s’écoute quelques minutes

Puis telle une souris comme un serpent

On croit s’être fabriqué un appeau invisible

 

Les flatteries sont criantes

Hurlantes comme un I trop pimpant

Pour les ouïes habituées aux fientes

Des mouettes sans viseur

 

Les petites phrases se prennent pour des réverbères

Même sur les vers reluisants

Elles ont l’impression d’éclairer la lumière

Puisque la nuit coule à flots en leurs veines cinglantes

 

Tout va dans des cases

Sauf la poésie qui cherche encore son tiroir

Et ses maux sentent la brasse

Alors qu’elle nage plus libre qu’un crawl asphyxié

La poésie est dans la nasse

Mais son poison en liasses

Exige un mammifère serein qu’elle ne doit à personne

 

Pour autant que l’amour

La poésie n’est redevable de rien

 

En tout et pourtour

Son existence est celle d’un clébard

 

Les petits mots qui la flattent

Ou la moquent

Ne sont que quelques chiennes

Ou quelques chattes masculines

Dont l’ambiance brésilienne

Rassemble à la folie

La décapante bêtise humaine

Décapée trébuchante

Notre époque c’est aujourd’hui.

 

Les petites flatteuses ont bon goût

Les chieuses on doit les ramasser

Les mâles s’en moquent comme d’un mini-sac poubelle

Comme la merde du toutou d’une petite vieille.

 

Des gros mots pour faire des frasques

Ou des phrases

Des élucubrations sans éjacs

Et des gens fondant sur les trottoirs

Plutôt que l’enfer des morpions

(Mort back)

 

Sans comprendre elles offrent de grands sourires

Sans cons prendre ils offrent leur rage

La méthode est moderne ou la pire

Parfois elles ne sourient plus.

 

On ignore tant ceux qui sont tentés

On se sent amer

On ne se jette plus au cou de l’intenté

Non on se balance d’un pont

On a notre fierté

Ou dans un lac même si c’est injuste

Tout ce qu’on veut c’est mourir

C’est tellement plus facile pour notre buste

Que ces statuts d’amour.

 

Les petits flatteurs étaient tous tombés

Soit dans une rivière

Genre la flotte en bas d’un pont

Soit dans un étang

Ce qui revient à la même définition

Nous chuteront tous en nous méfiant de l’amour

Moi ça me fait rire

Car je n’aime personne plus que l’amour…

 

Avouez que c’est décapant

En deux minutes

L’horreur

Ou l’amour qui fait chute…

 

La flatterie est une maladie

Aimer est son vaccin si rare

Qu’un peu de haine dans mes lignes en peau de chagrin

 

 

C’est toujours mieux que peau de balles

Ou peau de zébu

Ou sur le popo des enfants t’en veux pas

Ou une famille qui a du pot

Qui n’a pas les enfants qu’elle ne veut pas

Ou et qui n’en n’a pas d’autre

Les maux qui la punissent

La famille cul-de-jatte

C’est pas mieux que peau de zob

Sa petite chatte familière.

L’hymne à la famille est grand ouvert

Mais ça dépend de quelle poésie…

 

Amen

La truite rouille

Pendant qu’un requin fouille

Ses mers de tons à l’huile.

 

 

 

 

 

Cribas 20.11.2009