Poème venu de Mars pour Vénus en marche
Par Cribas le samedi 28 novembre 2009, 06:06 - Cribas 2009 - Lien permanent
Les jockeys montent sur la peau
Le rouge à lèvres coule sur les ongles
Les femmes sont vernies
Les hommes sur la selle
Tous sur la sellette
Hommes et femmes endormis
Tentent d’ignorer leur furoncle
Cette course contre un squelette
En vieillissant, la peau
Ce n’est pas triste,
C’est le cuir des veaux
Qui fabriquent des talons aiguilles
Les jeunes femmes portent toutes des talons hauts
Les hommes jeunes une impuissante taille basse
Et ça finit souvent aux infos
Les histoires d’amour pleines de crasse
Arrêtons-nous au hasard
Là où s’aiment les fous
Là où sèment les barges
Là où la solitude des gardiens de fards
Une histoire et c’est l’histoire de ma vie
Deux histoires et c’est une plaie
Car une seule vie est à mes pieds
L’hallali fait chanter la nuit
Et au milieu du chantier
Je sens qu’on danse des pieds
Lorsque je sens de la tête
J’ai honte pour mon moral
Je préfèrerais puer des pieds
Qu’avoir l’envie dans les chaussettes
Le vernis à ongles des tongues
Est de longue durée
C’est dit dans la publicité
Le bonheur c’est à la longe
J’en ai joué de mon allonge
Qui m’a transformé à la longue
En un boxer devenu songe
Aux gants retirés sans bronca
La victoire est lointaine
Un rêve enfantin
Un souvenir où clignent mes peines
Sous mes paupières zinzins
Je cligne de l’amour reçu
Et de la haine au fond de moi
Je suis recommandé tel un prospectus
Et la colère prospère sur mon foie
J’aurais dû avaler mes godasses
Ravaler ma balade triste
Devenir une espèce de connasse
Au lieu de ça je continue ma flibuste
Je ne suis pas aussi fier qu’un champ de mines
J’explose encore plus que le hasard
Mes caténaires s’effondrent sur les gares
Et le passé me tombe dessus comme une ruine
J’aurais dû
J’aurais bien voulu aussi
Je me suis tu
La mère morte sans donner son avis
Mon voyage devient fou
Mais la peur oblige ma sagesse
Et solide comme une fresque
Je me demande qui de la pierre est le loup ?
J’aurais dû
J’ai réduit tant de choses
A un simple flux
Existant comme les autres.
Les jokers montent sur le bateau
Le foutre à lèvre macule les encombrées
Et les flemmes chérissent
Les femmes sur la paille
Tous sur la sellette
Jouisseuses et capotés
J’aurais bu à ton ombre
Si la trombe avait été dans tes cordes.
Arrêtons-nous au malheur
Là où s’aime le flou
Là où mène l’horreur
Juste avant que le phare n’éclaire plus…
Cribas 28.11.2009


Commentaires
"Je cligne de l’amour reçu
Et de la haine au fond de moi
Je suis recommandé tel un prospectus
Et la colère prospère sur mon foie"
Comme un pépin amer dans un grain de raisin sucré ...on le redoute ..mais on le cherche aussi ...l'un sans l'autre n'a pas de charme...
Et de ce raisin là on en mangerait bien toute une grappe ! on s'en lècherait les doigts de son jus et on attendrait patiemment qu'il devienne le meilleur des vins ...chose qu'assurément il sera !
Et ...
Juste avant que le phare n'éclaire ?