Il est trop tard pour écrire

Surtout un poème à la con

Mais c’est juste pour le redire

Que ma vie est à fond

 

Et que si elle devenait mauve

Ma vie bleue

Je lui en voudrais comme un grog

Avec  un accent mielleux

 

Le rhum c’est toute ma vie

Enfin le whisky

Car je ne connais pas le degré de poésie

De mon île génitrice

 

Je fais comme je peux

Etre bourré en presqu’île

La France fait fît des cieux

Et oublie ses sourcils

 

Je suis juste un blanc arrosé

Par la métropole bleue

Un vin incapable de rosser

Les absinthes vertes

 

Je me sens emprisonné de souvenirs bleuets

De bêtises apparemment dérisoires

D’ancêtres plus ou moins fluets

Comme le racisme et la gloire

 

Il est trottoir pour décrire

Ce que je ressens  en l’air

Car c’est juste pour en avoir l’air

Que mon pays singe le pire

 

Et d’ailleurs à la manche

Rares sont les anciens esclaves

Comme si les mauvaises branches

Etaient nées dans l’enclave…

 

Il est trop tard

Pour inscrire la couleur

Et les nègres bien fardés

Demandent juste la même lueur

 

Il est trop tard pour écrire

Surtout la couleur

D’un crève-la-faim éclair

Abandonné sans douleur…

 

 

 

Cribas 02.01.2010