Claquettes anonymes
Par Cribas le samedi 2 janvier 2010, 04:08 - Cribas 2010 - Lien permanent
Il est trop tard pour écrire
Surtout un poème à la con
Mais c’est juste pour le redire
Que ma vie est à fond
Et que si elle devenait mauve
Ma vie bleue
Je lui en voudrais comme un grog
Avec un accent mielleux
Le rhum c’est toute ma vie
Enfin le whisky
Car je ne connais pas le degré de poésie
De mon île génitrice
Je fais comme je peux
Etre bourré en presqu’île
La France fait fît des cieux
Et oublie ses sourcils
Je suis juste un blanc arrosé
Par la métropole bleue
Un vin incapable de rosser
Les absinthes vertes
Je me sens emprisonné de souvenirs bleuets
De bêtises apparemment dérisoires
D’ancêtres plus ou moins fluets
Comme le racisme et la gloire
Il est trottoir pour décrire
Ce que je ressens en l’air
Car c’est juste pour en avoir l’air
Que mon pays singe le pire
Et d’ailleurs à la manche
Rares sont les anciens esclaves
Comme si les mauvaises branches
Etaient nées dans l’enclave…
Il est trop tard
Pour inscrire la couleur
Et les nègres bien fardés
Demandent juste la même lueur
Il est trop tard pour écrire
Surtout la couleur
D’un crève-la-faim éclair
Abandonné sans douleur…
Cribas 02.01.2010


Commentaires
La pluie de Nougaro fait des claquettes sur le trottoir ...
"...Je la suis sur la vitre
D'un poète endormi
La tempe sur le titre
Du poème ennemi..."
Il fait bientôt jour, ou peut-être mi nuit, les poètes sont frères et partagent leur ennui, pas si triste d'ailleurs, pas autant que nos vies, bien classées par couleurs.
Très musicale et bien interprétée cette variation tonale :
"Mais c’est juste pour le redire
Que ma vie est à fond
Et que si elle devenait mauve
Ma vie bleue
Je lui en voudrais comme un grog
Avec un accent mielleux"
Un sombre arc en ciel mais on espère quand même la joie du trésor au bout :)