J’ai relu les montagnes

Les ballades des justes

Les poèmes qui font chier

Et j’ai dormi debout

Aussi

 

J’en ai eu assez de la gloire

De son idée mort-née

Et dès ce soir

Je n’ai rien décidé

Ainsi

 

Demain vient le vent

Chaque jour c’est pareil

Les indigènes morigénés

Sont vils comme le sommeil

Une rime en suspens

 

J’ai déclassé mes classiques

Avec une envie de vomir

Et reclassé mes caciques

Sans comprendre ce que ça voulait dire

 

Mes études furent brèves

Comme les sommets manquent de rêves

J’ai surtout vu la foire

Et jeune, le bordel déjà

 

Plein de gènes

Et forcément d’imagination

Je hurle à la fête

Que je suis

Et positif et content

 

Et pourtant en tant qu’if je m’emmerde

Et dans les vagues somnolentes

Et dans les racines du temps

Et dans les pâtés de maison forestière

Et dans les frigos puants

 

Je me conserve mal

Autant que je me confesse

Le monde est mis à mal

Dans la maison du diable

Et le pire c’est qu’il m’en reste

 

J’ai viré d’abord

Je me suis jeté ensuite

Tout le monde est d’accord

Pour passer à la suite

 

 

Cribas 14.02.2008