Si j’écris ma vie

Mon tombeau

C’est que ni l’une ni l’autre

N’existe

 

Je vis ici ma mort

Son ennui

Et peu importe

Ce que je fuis

 

Je suis né d’un macchabée

Dans une après-midi morte

Il était seize heures sur son aorte

Et mon cordon alambiqué

 

Une fois coupé de son monde

J’ai pris goût à la liberté

Avec des maux de ventre

C’est le prix à payer

 

Si j’écris la mienne

C’est que j’entends naître

J’attends que ma mère

Abrège enfin sa vie

 

Après sa disparition

Je convoquerai des déesses

Et les convertirai

Au dogme de la pluie

 

Elles m’accompagneront en enfer

Avec leurs petites pattes

Nous seront tous des psychopathes

Moi et leurs pantoufles de vair

 

 

 

Cribas 23.06.2010