Il y a longtemps que je t’aime

Plus jamais je ne m’étourdirai

J’ai entendu de vertes fredaines

Et de vieilles chansons matures

Telles nos âmes en peine

Sur nos printemps futurs

 

La chanson d’amour fredonne

Ses quelques frelons

Et l’été ses melons

Noyés de saccharose

 

L’amour n’a qu’un temps

Comme on le dessine dans le sable

Les merveilles sont dans le vent

Et la mère au fond de l’étable

 

Inutile que les vagues résistent

L’on vogue et l’on s’efface

Telle pirogue ou telle race

Nos traces guident vers le précipice

 

Pendant que nos tombeaux sombrent

Les déboutés se font rebouter

Et nous sommes tous notre part d’ombre

Au ban des oiseaux mazoutés

 

Il y a longtemps j’ai plié ma démence en quatre

Mais les saisons avaient encore raison

J’ai donc bu le sang autour de mes espaces

Et l’on se presse maintenant

Devant cette porte de prison

 

 

 

 

 

 

 

 

Cribas 24.07.2010