Révision d'un verbe par trop printanier
Par Cribas le vendredi 24 février 2012, 16:29 - Cribas 2012 - Lien permanent
Je crois bien t’avoir épargné
Je n’ai osé t’achever
Et tu gis quelque part
Entre haine et faiblesses
Où j’imagine je t’ai laissé
En suspens
Peut-on seulement te tuer ?
Je crois bien t’avoir isolé
Mais c’est à l’endroit même
Où je me suis laissé tomber
Entre haine et faiblesses
Où j’imagine je me suis lassé
D’attendre
Peut-on apprendre sans te nommer ?
Je crois bien t’avoir lynché
Je t’ai saigné à la plume
D’abord, puis au clavecin
J’ai frappé, frappé, frappé
Des lettres
Je t’ai chassé
Que peut-on contre un fantôme ?
Je crois bien me sentir observé
Tu ne me laisseras jamais libre
Tu attends ton heure
Tu es plus patient que le grand poème
Montre-moi
Je te promets d’enliser ma mémoire
Si tu me donnes plus qu’un verbe.
Je crois bien t’avoir usé
J’ai juré, conjuré avec toi
J’ai tenté de te conjuguer
Même de m’envoler lyrique
Cramponné à tes fusées
Tu es un verbe à la criée
Juste bonbon aux encycliques
Tu crois m’avoir bien saigné ?
Mais regarde ce que je t’enseigne
Qu’il est utile de bien se renseigner
Avant de loger à ton enseigne
Nul besoin d’apprendre à te dire
Quand on a dans les veines
La force de délier les lèvres
Cribas 24.02.2012


Commentaires
une lecture dont j'ai envie d'interchanger les différents sujets et c'est ainsi que la femme parle à l'homme, un autre regard, si j'ai permuté c'est une mutation
Le vertige de l'infini se retrouve dans cet infinitif indéfinissable, arme puissante entre toutes les armes, à double tranchant la vie comme la mort...
Ce texte est très fort; sans le nommer, il conjugue Le Verbe à l'âme et au corps.
"Nul besoin d’apprendre à te dire
Quand on a dans les veines
La force de délier les lèvres"