Maintenant que toutes les prophéties sont passées devant moi, comme le vent s’essuie les pieds sur les façades immobiles et prostrées en attente de destin. Maintenant que la nuit n’a plus cette belle couleur de l’imagerie poétique. Maintenant qu’à l’aube d’une seconde jeunesse, d’une véritable entrée en matière, l’art et l’idéal, la beauté du chacal, ne sont plus qu’une lueur lointaine dont j’ignore même si un jour elle a pu éclairer plus qu’un seul de mes pas devant l’autre à la fois.

Maintenant que l’évidence a pris le pouvoir, et que la raison a définitivement écrasé la folie de l’espoir. Maintenant que mon ascension de l’échelle christique ne se résume plus qu’à un flux rémanent parcourant ma colonne vertébrale de base, et que ne survivent plus que quelques neurones douloureux et cervicaux, en attente d’une décision quelconque inconnue.

Maintenant que mes rêves, dont je n'ai pas atteint la hauteur, ont fait le mur, en prenant bien soin de me laisser une ombre à déambuler, un chien haletant et usé, à promener les jours de deuil.

Maintenant qu’ayant trop largement abusé de mes fictions sensorielles, des dérèglements explosifs de mon verbe et de ses convulsions logorrhéiques. Maintenant que ma présence en ce monde est redescendue sur terre et qu’il n’est plus question de maquiller mes empreintes, ou de les modeler afin de leur donner une apparence plus humaine. Maintenant que l’enfer n’est plus un mot jeté en l’air comme pour l’exorciser. Maintenant que le vide a comblé tout le reste.

 

 

 

 

Cribas 08/03/2012