Au-delà de l’extraction d’une certaine amertume émanant des mégalopoles collées les unes aux autres en principautés fondues, je crève d’un manque d’unification océanique, me chante assurément l’oiseau de néant qui n’a de cesse de survoler ma carcasse atterrée de poète déchu.

Ce dinosaure ancestral décrit des cercles au-dessus de ma vieille gargouille clouée, en poussant des hurlements majeurs sortis de nulle part, de son long bec fumant, juge et partie.

Des cendres inextinguibles descendent parfois sur mon front immobile, lorsqu’un rire plus dur et plus profond sort de sa gueule en direction de mon beffroi.

Il ne lui manque que la compassion quand il se moque sans avertissement de ma virtuosité risible, qui a oublié l’onctuosité possible de la mousse sous la pierre.

Car de nous deux, c’est lui le plus poète, et il me le rappelle sans discontinuer, en rabaissant ma plume à la bête et méchante condition de patte de hyène arpentant désespérément un désert définitif, que même la rencontre avec un cactus n’envolera jamais plus haut que lui, éthéré.

 

 

 

Cribas 17.03.2012