Metal lourd
Par Cribas le lundi 9 avril 2012, 19:36 - Cribas 2012 - Lien permanent
Aux enfants sans histoires qui n’ont plus de lectures
Qui s’en vont dans la nuit un peu comme en plein jour
Qui ne partent nulle part, qui ne voyagent plus
Qui n’attendent de la suite que dollars pour toujours
Je veux dire que demain, demain ils seront grands
Aussi vaste que le vide sur leurs visages sans vie
Sera le monde obscur sur des papiers froissés
A jeter dans les urnes à l’endroit sans révoltes
Les poètes sont partis juste un peu après Dieu...
On les a remplacés par des pigeons silencieux
Et des chansons sans voix sur les têtes de gondoles
Se cantonnent à briller pour des rêves accessibles
Accessoirement le jour, j’en crève un peu moi aussi
De ce triste sourire, qui allume les vitrines
En lieu et place où naguère, quand je n’étais pas né
Scintillait doucereuse, la ville des réverbères
Qui crève maintenant de sa longue maladie ;
Sanguinolentes sur ma peau, ses coulures nostalgiques
C’est qu’à quarante ans, si les nuages nous remboursent
Le cac 40, lui, avale la pluie pour sa place au soleil
Aux enfants qu’on endort avec de la lumière
Qui s’en vont dans la nuit, bercée de plus-values
Qui manigancent faux frais, quémandent sans prières
Qui n’espèrent du réveil qu’une sonnerie à la mode
Je veux dire que demain, demain est déjà mort
Aux parents sans lectures des enfants sans histoires
Qui n’ont pour leur progéniture plus que le jeu du foulard
Je veux hurler tel un sans voix, que dans le ciel chaque soir
Ce n’est pas la Grande Course qui éclairera les mémoires
Mais bien les étoiles, comme mille leds éternelles.
Préférons aux pâles, tous les réactionnaires
Plutôt que par honte, céder part belle aux actionnaires
Dont nous sommes déjà les enfants sans histoires
Sans lecture
Du rétroviseur où se dessinent notre avenir grossissant
Et ses nouvelles enzymes au microscope du bonheur.
L’argent te rit, au nez ce n’est pas nouveau
Mais ce qui a changé c’est qu’il pend aux nouveau-nés
Lourd et létal
Ce métal a muté
Et l’on voit, ficelés sur le dos des pères,
Ou accrochés aux poitrines maternelles
Des portes-monnaies de bonnes factures
Transportant les braillements de marque,
De puces de fortune,
De chiots débraillés.
Cribas 09.04.2012


Commentaires
Alors celui-ci...
Pff
Ca c'est un soupir d'entrailles...
Société de consommation nous voyons tous les mêmes choses que l'on nous vend brimant le rêve, la recherche de sa propre identité, chaque jour est un steack haché que l'on nous donne à manger, paresseux nous oublions nos propres recherches pour des mets plus subtiles. Il n'y a plus qu'une file d'attente celle que l'on nous montre nous les clones croyant à la liberté que l'on nous prone notre cerveau dans un éteau oui demain est déjà mort.
Mirage de l'argent qui plombe nos existences et goudronne nos rêves, "la grande course au miel", oui il faudrait leur dire, et tu le dis si bien... comme une chanson aux couplets haletants apaisés par un refrain cadencé.
"
Il est vrai qu’il faut se faire manger
De la cervelle aux rognons
Avant d’imaginer le soleil "
Vous en reconnaissez l'auteur j'en suis sûre...en le lisant, j'ai repensé à celui-ci, je trouve qu'ils " vont bien ensemble"...
Je reviens bientôt.
Belle journée Cribas
Partis comme Dieu, heureusement tous les poètes ne sont pas morts et nous donnent aujourd'hui nos lectures quotidiennes...