01 Vendémiaire An I - 14 Liberticide 2012
Par Cribas le vendredi 13 juillet 2012, 14:34 - OFF - Lien permanent
Restées sur leur faim. Non l'argent n'est rien les vies l'entendent en boucle.
Les résiliences fanent. L'impatience sème le trouble et les embûches sont
enjambées sous les applaudissements du courage.
Point question de rêves, les sous lestent et l'itinéraire d'une existence se trace souvent à main levée, d'un point A à un point B, sur les cartes occidentales du pragmatisme où l'on s'achève.
Rejetés sur leur fin sans dérive, sans cesse, les esprits sans imagination. Ces histoires n'ont pas d'histoire, tel ce texte qui défile pour se donner l'impression du roulis.
Sensation impressionnante en effet, que ce vide au bord du cœur, où parfois l'âme se déplie nonchalamment pour signaler son désespoir, tout autant que son furieux désir de prolonger la précipitation.
Se jeter comme pour tomber. Tomber des nues, de haut, sur un charme, sur un clou, mais tomber. Tomber d'avoir vécu. La chute est vertigineuse et je ne connais d'elle que le vague souvenir d'une nuit animale où je réglais mes comptes avec la pluie, la faim, l'apaisement d'une végétation dense et sans villes. Peu d'adjectifs, peu de royaumes et surtout, des rois et des princes à cloche-pied, surveillant leurs arrières des assauts du vivant.
Le pragmatisme est une survie sans couleurs, un gâteau pâteux qui étouffe les raisonnables et les intelligents engloutissant la liberté et postillonnant ce qu'il reste de déchets à recycler dans le mot intégrité.
C'est sûr avant la fin
Tu cesseras de hurler
Ton visage entre les mains
Et le destin plombé.
Ta liberté bafouée
Une ou deux fois l'année
Tu auras quartier libre
Dans des contrées salubres.
D'un acte rebelle
Tu enfouiras tes dernières factures
Sous le ciel
Au pied d'un arbre à l'écorce de sutures.
C'est sûr avant la fin
Ta langue sera muette
Ecoloccidental et sain
Ton idéal sous la houlette.
Tu auras grandi. Tu seras arrivé nulle part, mais en partant de rien.
Cribas 13.07.2012


Commentaires
Une petite révolution et puis s'en va, sans les sous c'est plus sur... heureuse ment la plume qui freine la chute du plomb, et une voix qui amortit les pétarades burlesques de circonstance...
Une profondeur qui s'érige en absolu où les images reviennent comme des vagues à l'assaut des certitudes. Horripilante justesse de la poésie qui décrit au couteau l'insoutenable brutalité de la vie tout en la légitimant presque.
Et pourtant. C'est sur on cessera de hurler ; mais ce peut être de s'être brisé la voix, d'avoir tenté de fracasser les murs. Ils ne seront pas tombés, mais peut-être, peut-être que le plomb aura frémi. Qu'on aura légiféré pour l'interdire dans la peinture.
En attendant, ne pas grandir -de toute façon, de plomb ou de verre les plafonds sont bas. Laisser le pragmatisme à des adultes pas plus capables.
Et quand vraiment l'on s'usera, quand le plan retraite-logement-épargne remplace celui du métro, des régions inconnues et du cul ; alors, avoir tout fait pour passer le flambeau.
Ou espérer être devenu assez vieux, assez con pour que se lève la jeunesse qu'on a quitté.