Madame raconte partout

 

Qu'elle a du mal à rêver encore

 

Qu'elle ne s'endort plus

 

Qu'avec ses cauchemars les plus fous

 

 

 

Et je veux bien la croire

 

Qu'à force de broyer du noir

 

Les fantômes tombent la veste

 

Calcinent le drap blanc

 

Et maculent le peu d'espoir qu'il reste

 

Des sanglots rouges aux yeux de sang

 

 

 

Madame n'a pas connu la gloire

 

Des hanches retroussées

 

Puis de l'enfant qui tousse

 

Qu'on protège au creux de sa manche

 

 

 

Et je veux bien la croire

 

Quand elle crache au visage de l'autre

 

Que les hommes sont ces autres

 

Qui lui rappellent chaque dimanche

 

L'agenda vide et le pilulier inutile

 

Sur les semaines lisses de sa vierge légende

 

 

 

Madame raconte partout

 

Qu'elle a dû mal rêver encore

 

Je ne lui dis jamais plus

 

Que l'homme est libre car il meurt dans le flou

 

 

 

Et je veux bien la croire

 

On a du mal à rêver encore

 

Lorsque les fantômes se dénudent pour la nuit

 

En double aveugle sur le mauvais sort

 

Traînant bariolé derrière eux, pour unique reflet

 

Le rire rouillé d'une étincelle de vie déglinguée

 

 

 

Madame raconte partout

 

Qu'elle a du mal à dormir encore

 

Sur son oreiller de barbelés.

 

Je m'endors sur ma couronne.

 

 

 

 

 

Cribas 20.09.2012