Je me souviens des mots

De ces émaux aux jeux de maux

Lorsque je m'amusais encore

À faire de mes amies des muses

Plantant sans ruse mon décor

Où la rime singeait le mime

Quand ma mine creuse sur la frise

Piquait tel un émeu

Des noms d'oiseaux oubliés

À l'emporte-pièce

Et des verbes bien assujettis

Se lisant d'un seul trait

Au rythme d'une folie imaginaire

J'instruisais ma leçon

Et loin du silence désertique

Je buvais des bols d'air

En me rouant de grains de sable mécaniques

Car je cherchais la phrase juste

Comme on fouille archéologique

Je guidais mes pas gauches

Vers l'aura lumineuse au fond d'une grotte

Vierge des faux de l'humanité

Je me souviens

Des mots.

Ces mots qui donnent ensuite des idées

Des idées vieilles comme les âmes refusées

Des mots fredonnant des slogans vétustes

Sur des murs colorés.

J'ai la mélancolie futile et facile

Pour les mots qu'on efface

D'un inutile à l'autre.

 

 

 

Cribas 25.09.2012