Fais bien attention à mi-vie

Aux idéaux emmitouflés

Aux carrosses pantouflards

Qui brillaient comme des souliers neufs

Dans leur garage toujours à l’heure

 

Même avec des sous neufs

On peut se la faire à pile ou face

Face à soi sur le pont neuf

En fin de nuit d’alcool et de glace

Rétroviseurs et miroirs défenestrent

 

C’est bien de l’art en tension

Que naissent de jolis désastres

Et qu’il neige parfois à l’infini

Sous un nuage élastique

De pont en pont jusqu’à celui des arts

 

A mi-vie ou au milieu de la nuit

Les vers vident l’espoir à moitié plein

Faut pas s’en faire et sans voler

Prendre un bain chaud sous sa couette

Fermer le monde encore à ses volets

 

Pas plus d’art que de parloirs

Sur les ponts carrelés de lumières

Mais la nuit plus que le jour

J’entends hurler de vaines prières

Depuis les prisons des jeunes amours

 

 

 

 

Cribas 14.01.2013