J’aime bien quand elle parle de son triste dessein

Dessinant rien que pour moi dans le ciel un essaim

J’aime qu’elle plante des clous, autant d’alexandrins

Car par les temps qui courent les amours sont trop courtes

Il y manque toujours un verre, ou trois patins

Des glissades de vers sous sa langue à ma bouche

Et c’est sans montre en main que le temps d’un matin

Je sens l’hiver en elle si près de mes yeux louches

Et son sourire complice au réveil du printemps

Me délivre des abysses d’un cœur fantassin

Je rime pour elle, enfant sans balise enfin.

J’aime bien quand pour elle c’est de l’amour sans faim

J’aime moins les poubelles et ce local voisin

Où parce qu’elle est belle je goûte à son venin

Où nos intelligences sont belliqueux instincts

Tu sais bien que je te parle autant que j’en doute

Mes lectrices aiment les mâles qui content leurs routes

Mes amours appartiennent aux voyages en soute

Des poèmes et des larmes, des chagrins dans le vent

Un énième, qui baisse ses armes, sel en cils

 

J’adore lorsque tu sais d’avance mon amour

Désignant le mien comme le tien le tien j’y tiens

Je suis fou de l’éphémère, l’éphèbe t’effraie

Pas assez moche comme un pou j’enfonce un pieu

Car par l’étang qui stagne, un éléphant pour deux

On se croirait en Inde, ou ailleurs dans le monde

Tu n’as jamais su lire l’amour qui te gronde

Tu es mon hiver préféré, destination

Destination pour deux où ton enfer marron

M’exhibe un paradis, un lampadaire rond

Je  parle d’amour, de nos pertes sur le front

Cette protubérance entre sourcils fanions

Et nos racines fanées plus ou moins chevelures

J’ai senti que ton amour avait la dent dure

J’ai joué au poker, au loto, à l’enflure

Je n’ai pas perdu aux jeux, juste à l’immature

Je suis fous pour deux lorsque tu as peur d’aimer

 

Ceci n’est qu’un poème

 

 

 

 

 

Cribas 23.03.2013