Il sent la fin de son habitude
Ce monde toujours aussi rude
Et sans cesse plein à ras bord
Autant de rats à bord
De goulées rases afin de perdre le nord
Des montagnes russes pour le manège de mes humeurs
Et si plein de ruses
Ô mon dieu vieux vins pour assagir mes veines
Où je prends la branlée de ma vie
Sans masturbation intellectuelle ni autre
C’est elle qu’il me manque
Car elle transpire comme un être
Elle me manque de tout son être
Et de son parfum de rose
Je lui manque et pourtant j’appuie fort sur son bouton
Celui qui télécharge la mise à jour et arrête le système
A moins que ce ne soit celui qui mette en veille tout le bordel
Quand on appuie sur un voyant tactile
Elle effleure ma prose
Et je m’enfouis dans le seul morceau de tissu qu’elle porte ce matin
J’ai dans les yeux une rosée matinale
Une image de poète, grand gaillard faisant fondre sa laine et ses cotons
Elle admire que je pleure
Sur cette putain de vile et cætera
Car je meurs sur la ville
Où vils nous sommes deux amoureux
Il me manque un seul vers
C’est le sien dans mes yeux
J’ai beau jongler avec ses arcs-en-cieux
Mon carquois est mauvais joueur
Je vise à vue et tombe à nez
Avec ma mort écrite et séquentielle
Je tombe sur une vis sans fin
Qui perfore son cœur rationnel
Et mes couleurs ! Et mes couleurs !
Où t’emmène mon parcours fléché à la fin ?!
J’ai le souvenir
Déjà
De ton odeur de bois vernis
Des draps blancs recouvrant l’horloge qui a jauni
Et j’ai ton goût plein de salive
Dans ma bouche d’artiste
Née de livres où l’on jacasse à propos de l’infini
La gorge aussi sèche que celle d’un flibustier
L’œil plus précis qu’une vision nocturne innée
Je sens la fin de ton habitude
Que vas-tu faire de moi sans écran total
Tu vas t’enfuir comme on élude
Une fois grattée la première écorce fatale
De l’arbre s’écoule la sève, le fluide
Mais que fait-on de la fièvre, et du degré de sa fuite ?
Je sens la fin de l’arbitraire
Comme d’habitude
Un monde fier
De ton attitude à ras bord
Aux temps des rats à bord
Trinque avec moi ou va mourir
Que l’on soit de mèche avec les Lords
Ou dans la soie rêche à pâlir
Une chose est sûre
Notre époque va à ravir
Aux beaux navets aux bêtes graves
J’allume un cierge à l’amour
Je me fous autant des vierges
Que des Marie-couche-c’est-ton-tour
Ou des amantes
Entre midi montre en l’air
Aucun archer ne me fait plus bander
Que celui qui fit de Cupidon
Un sniper
Accroche mon bras
À quelle heure il nous vise ?
Et ton cœur
Et ses vicissitudes sans fin
Ça tombe bien à la bonne heure
Mes premières rides font bonne figure
Regarde dans les coins
C’est le cadran solaire du printemps
Un sniper
Cupidon est un sniper


Je suis enfin transpercé
Et toi tu transpires
Tu le crois que je suis de cire
Lorsque je parle d’amour
Enfilant ses perles sans craindre le pire ?








Cribas 02.04.13