Avance et vends toi

Evente -toi

Tu ne regretteras rien

En allant vers les tiens

Parfois tu auras des soupçons

Mais le froissement du papier

Te fera oublier le mauvais son

Des fausses notes

Du cliquetis au fond des poches

L’argent guérit du mauvais sang

Non tu ne rêves pas

Tu crèves en songeant à ton échec

Avance et vends toi

Tu n’as jamais cru au père noël

Fais ta liste en capitales

Endosse en lettres d’or

Ton avenir assuré au dos des chèques

Comme dans le marc de café

Ainsi que dans les entrailles d’un poulet

Décode ton futur

Déchiffre-le au travers des filigranes argentés

Dollar et miror

Dans un miroir font bon manège

Avec de l’or

Tu auras l’art sans bonnes manières

De faire le ménage autour de toi

Evente-toi

N’aimante pas, on ne t’aime pas

La vie c’est nickel

Donne à reluquer, tes chromes

Ton âme vue du ciel, dans le zoom

Dans le zoom des hommes

Des brosses à reluire

Tu ne deviseras plus de l’amour

De cet amour semant le trouble

Ce fourbe brillant dans les yeux des gens heureux

Avec de l’or , avec de l’argent

Mort au flou, aux empaillés laids et jaloux

Vive l’armure de chevalier récupérée au clou

Réinvente-toi

C’est sur un plateau qu’elles se serrent pour toi

Mesdames sont servies

Se serviront à peine, vanités intérimaires

Aimer ce n’est plus la peine

Les filles sont si légères

Au fil des services massifs

Qu’elles soient blondes platine

Rousses aurifères ou brunes Verlaine

On est loin du poème c’est le pognon

Qui dévore vivante ces jeunes baleines

Avance...

 

 


Avance moi ta montre

Seulement quelques minutes

Tu ne regretteras rien

Dans quelques secondes je te retiens

Par les temps forts,

En allant vers le nôtre

Le temps qui court

Sans fausses notes.

Sur un petit air à la mode, ton chant couvre mon refrain secret.

Débarrasse-moi

De tes talons aiguilles croisant le fer au fil du temps

Embarrasse-toi

De mes vers sans ville

Et sans talents croissants, ni aussi vils que les anguilles de maintenant

Je parle d’art, et de civilité

De l’impression que j’ai de vivre sans amour

Lorsque je vire de nuit dans un monde à vomir

Eclectique, comme une seule crécelle électrique

Les talents comme monnaie, il y a de quoi en faire un drachme.

Agence-nous

Désargente-moi

Et puis écrase sur ta gueule

Ce petit air fringant

Promis si tu veules et le veux

J’allumerai en feulant

La flammèche de ton envol

Ta fusée suicidaire vers les cieux

Ensuite j’appuierai

Sur la gâchette tant lassée

Du  silencieux près de ma tempe

Et la cervelle en purée

J’espère rêver un dernier instant

A ce jeune poète au coeur frais

Renouant intimement ses lacets.

 

J’aimerais vous dire

Vous lire

Vous écrire

Vous mille et une nuits sans Disney

Je rêve de vous offrir

De vous inscrire

Sur la liste des endurcis du ramolli

Mais j’ai le bulbe dans du beurre de cacahuète

Un rachis d’hyène

Et comme

Je ne suis pas rachitique

On a repris à l’universelle

Le temps que j’apprenne à faire la vaisselle

Le racisme et toute son équipe

Le rat schisme, et toute son éthique.

 

Non je ne rêve pas

J’aimante mais on ne m’aime pas

La vie c’est risquée

A la perfection.

Depuis que je suis poète

On se moque de mon infection

Je flotte sur mon être

Affublé d’un scaphandre

D’un scalpel pour sa vivisection

Et la moindre de mes investigations

Terrasse ma langue de cendre.

 

 

J’aimerais finir

Pas en terminer mais un poème

Respirer ma bougie

La nourrir ou la souffler

Qu’on s’éprenne d’elle

Qu’on lui montre aussi les masques à oxygène

Protéger la flamme de ceux que j’aime

Si seule et ment

La vie de mes amis et leur avis sur l’argent

J’ai la flemme du temple

Je n’aime ni prier ni m’éduquer

Ni rappeur en sample

Ni rockeur inspiré

J’aimerais juste être ensemble

Un peu sans le regretter

Froncer les sourcils

Et franger la sangle

 

Etranger avance-toi

Présente-toi devant l’obscurité

Tu ne regretteras rien

Etrangère devance-moi

Les mines d’or sont éliminatoires

Lorsqu’elles scintillent en vain

Dans un coffre où ne s’illumine aucun chemin.

 

Aucun destin ne gronde

Entre les rangées parallèles des dortoirs

Aucun festin ne déclenche des anges

Loin des marmites sonores et notoires

 

J’aimerais partir

Pschiiit

Sur les chapeaux de roue

Pschiiit....pschiiit...pschiiit (mille fois)

Comme fait la pression minute

Dans son hoquet

Voir ce que ça fait d’en avoir à profusion

Du fric en matière de Lavoisier

De la vapeur

Et des cocottes

Pour mettre en lettres d’or

Qui font moins peur

Un prénom de malheur aux petits oignons

Au-dessus d’un nom masqué par des fleurs

Comme on fait part de soi

Aux visiteurs inconnus d’une stèle à l’abandon.

 

 

 

 

 

Cribas 28.04.2013