Elle sait comment il est

Comment il bouge

Elle sait déjà son sourire

La manière dont il éternise ses souvenirs

Elle connaît par coeur ses yeux qui la frôlent

Et ses caresses suivant une ligne de perfection.

 

 

Ses rêvasseries humides dans ses yeux de jeune fille

Alignent son rire à lui, mâle, fort et courageux jusqu’aux frasques,

Son esprit en couleur entier de vie

Sourd à la douleur

Et si lucide à ses féminines envies.

 

 

Evoluant loin des graves et de leur ennui

Fort comme un essieu démontant les nuages

Il dévisse pour elle les rails tristes

Et installe mille fêtes foraines en nage

Là où les idiots des villes aux passions égoïstes nourries de garages

Font pourrir leur promesse déchue, dans le quotidien des dimanches

Où d’étranges machines à laver le passé, avaler l’oppressé, à prêcher l’anarchie, apposer des clous, à posséder que dalle, à postériori toujours, alitées sur le postérieur, à la postérité

Etendent leurs remontrances pour la paniquer

Et la niquer d’un baiser, puis d’une paume rugueuse et maladroite

Empoigner  dans le sein du sein, sa culpabilité épineuse et froide, et pinée et refroidie loin du fin du fin, tout à fait moins loin du surfait couffin en soie fine désignée et signée sur papier surfin.

 

 

Ce sont eux mais elle rêve de lui

-Son rêve à lui c’était elle sans frontières-

Le regard brumeux et le coeur évidemment honteux

Alors elle ferme les yeux

Ferme l’amour, oublie qu’il existe

Et dit oui, maquillant son air triste.

La banque n’y verra que du feu

C’est dans l’air de toujours , du temps de tous les jours

D’aimer le bleu de l’artiste

En épousant sa dilution pratique ;

Un écran de fumée au coin du feu

Un écran de pixels remplace la cheminée.

Elle pense à lui sans arrêt

Il est ailleurs sans être heureux

Ce sont eux le regard brumeux

Il sait comment elle est.

 

 

Elle sait comment il rêve

Elle sait comment il dort

Lors d’une trêve cauchemardesque

Elle l’a enfin regardé froid dans les yeux

Et tiède dans ses paupières.

 

Il sait comment elle est

Comment elle bouge sa nuque

Lorsque rouge ou rose foncé

Elle fronce ses sourcils

Comme lui ses rides intimidées

Un temps sous sa casquette

Ou à l’imparfait

Cape et d’épée d’époque.

 

 

Elle sait comment il est

Comment il bouge

Elle sait déjà son sourire

Ses habitudes et sa matière grise

Elle sait ses jours

Comment il allonge ses nuits

Sa langueur insomniaque

Creusant son nid de vipères

Apposant démoniaque

Ses mains sur elle

Sa langue jamais intérimaire

Sur son nombril de l’intérieur

Elle sait tout ça

Sur l’homme de son sexe

Avec lui elle sent son heure venue

Ses neurones avenants

Sa motricité fusionnelle

Elle sait que son regard sur elle

Charnel la protège du vent

Sensuel pincez-la pour qu’elle se pince

Spirituel

Elle sait

Mais princesse ce n’est jamais assez

 

 

Et les rêvasseries dans ses yeux de jeune fille

L’oublient

Et lorsqu’elle revient à sa vie

Elle sait comment elle est

Rien ne lui suffit

Si ce n’est parfois son sourire gêné

Devant lui

Qui n’est pas comme il était devenu

 

 

C’est la princesse rimmel

Qui a perdu son chat botté

Car elle n’est pas aussi belle

Que l’âme de ce dernier, mille fois rabotée.

Alors elle continue à se faire une idée

S'acharnant à être déçue

Alors elle continue à flirter avec des hommes déchus

Car de ses rêves ils n'ont que des chutes

Alors elle continue à être décevante

L'idéalisatrice d'un film de série b

Autobiographie mythomaniaque matérialisée.





Cribas 10.05.2013