Ce n'est pas encore le soir

Ni l'automne

Qui tombe sur ma vie

Et pourtant je sens le froid

Le vide qui résonne

Au dernier étage

Je ne m'envole plus je rampe

Mon esprit est fichu de crampes

Ce doit être cela

Le niveau zéro de l'âme trois petits points

Je regarde mon passé par dessus

Des  gouttes d'eau de sel

Creusent leurs sillons sur mon buste immobile de cire

Rehaussé d'un visage de cuir usé, et de triste Sire

J'essaie d'épier mon futur

Par dessous, planqué dans un pardessus à quatre sous

 

 

Ce n'est pas encore tout à fait le désespoir

Ni la fin de ces amours dont on rempote les coeurs

Sur l'écriteau raturé de fortune :

"Jardin épandu de pesticides à vendre pour cause de passions prises dans les filets d'un autre siècle maudit"

Qui donne du rythme et de la majuscule, à mon ego remanié

 

 

J'ai presque tout oublié des promesses de l'existence

De ma jeunesse souriant sans cesse

D'être poursuivie par sa beauté tout en souplesse

 

 

J'ai quasi tout replié

Mes petits mots de papiers

Où l'écoeurement s'est écrit dans une langue mutilée

Incompréhensible et codée en binaire

Sur les nuques à scanner des chiennes prises dans les filets à requin d'un siècle à nouveau collectionneur d'esclaves

Et de lectrices d'Harlequin cascadeuses

 

 

Oui quasi tout rangé, dans le murmure inaudible d'un tiroir à double tréfonds secret

 

 

Elles me disent, qu'elles me lisent pourtant

Car je porte sur mon front ma vérité tout droit devant

Tel un guerrier-sandwich

Parcourant de long en large, de but en blanc

Les rues et les ruelles  retracées par mes rêves,

En couloirs aériens

Où se baladent en ballades

Des narrations vitriolées et soudainement interdites de Je,

Mais aussi des banjos sur des airs banderoles

 

À faire rougir sur Mars les pommettes lunaires

De leurs grands yeux sincères et vénusiens

 

 

Ce n'est pas encore

Tout à fait le soir

Ni exactement l'automne

Qui tombe sur le cimetière

Déjà

Si jeune

Un sang lessivé

Une envie d'exit signalée par une lueur blanche

En bas de l'escalier

Au niveau zéro

Sans incendie mais tout de même le feu au cul

Un simple jour d'exercice

L'envie d'en finir.

 

 

Tu m'as rencontré

Je t'ai rencontrée

On les rencontrera

On se racontera

Toujours les mêmes histoires

Je te rentrerai dans l'art**

 

 

Sur ma ligne de sourcil

Sur mon étendue céleste de paupière

Fulmine en stroboscopie

Mon regard prêt depuis longtemps

Pour un design nouveau un regain de poésie

J'ai de l'art à revendre au premier revenant

Mais c'est dieu qui m'achève

En assistant à mon échec au format de ses écueils

En reliant mes recueils de cuir recyclé dans son vieux fauteuil

En les présentant à un avenir si vif aux hublots solaires des greniers appartenant à l'histoire

Qu'il m'impose avec ironie dans un sentiment de regret implosif

Moi le plaisant élaboré au présent

L'indien dieu tue l'aura

Moi le poète incapable de se projeter ailleurs que dans le présent

Moi le présentain, mais si précis à celle ou celui qui se lit comme il se couche

Qui se lie chaque jour

De justesse avec ses rêves

Moi l'amorce explosive au calme enrageur

Qui fait péter les vaisseaux coloniaux des intrusifs en robe à fric

Vous et moi lecteurs, sommes des cannibales

Nous ingérons leurs chairs

Non pour nous purifier

Mais pour nous débarrasser de ces parasites impossibles

De ces hommes encore simples, de ces femmes en corset sans tête, en corps simples

 

De ces singes non évolués incapables de s'épouiller

 

 

Je me méfie aujourd'hui de mon synonyme génétique sur le papier

De celui qui jalouse mon calque

De celui qui ne sait m'aimer.

J'ai été je crois, moi aussi sûr,

Il fut un temps mais je le crois seulement,

Un capable d'amour

Peu importe qu'aujourd'hui la résolution de mes pixels ne soit pas établie parfaitement

Peu importe que sur mon dos reste invisible

Mon cartable dans lequel se trouve une trousse dans laquelle se trouve un crayon sur lequel usée jusqu'à la corde, n'existe plus la gomme qui autrefois effaça chacun de mes mimes maladroits d'amour, gomme qui au jour le jour aujourd'hui de mes jours pourtant tristes, en effleurant le plus légèrement possible qu'il soit une de mes artères aussi fine que du papier à cigarette,  sort un coeur de lion calqué en transparence artistique pour offrir à une femme qui renferme dans un coffre à secrets des noms de fleurs traduits du latin, qui en filigrane tiennent la version bêta de quelques noms d'oiseau au travers desquels je peux reconnaître les traits l'humour typiques, et l'un dans l'autre, de mon moi guérissant au fond des pupilles libres des yeux rieurs d'une femme d'abord, et si poupée russe ensuite.

 

 

Ce n'est pas encore le soir

Sur ma vie

Pas vraiment l'automne

Pas encore plus de cheveux blancs

Qu'un ou deux montrant leurs dents

Ce n'est pas encore le soir

Mais je jure

Sur ma vie

Que l'hiver ce n'est rien vraiment

Je suis de ceux

Je suis déçu

De ceux que rien

Je suis de ceux qui n'implorent pas

Je ne suis pas déçu

D'être de ceux qui s'étonnent de tout

Qui entendent tout

N'entonnent rien

Je suis de ceux dont tu te sens proche

Tu es de ceux qui sentent

Sur la sente de la vie

On se sert toujours une poigne

Toi et moi qui sommes-nous

Paume contre paume

Existence pour

Paume contre paume

Main dans la main

Les yeux dans les yeux

 

 

Ouvre ta porte, ami

Les prétentieux n'entrent pas

Les snobs ressortent

Ouvre ta porte en grand

C'est le seul moyen d'éviter la cohorte des Dieux

Et les autres

Et les deux.

 

 

 

 ** Rentrer dans l'art

 

Cribas 02.06.2013