C'est le temps de la rancune

Du regard qui retrouve ses liens,

Iris trahissant l'ancrage à la lune

de nos yeux vides à l'occasion,

ceux qu'on arbore parmi les siens.



Qui doit voir à nouveau se renoue l'estomac,

qu'il soit vide acide, ou grouillant sous parois

de gargouilles éventrées hurlant de mort et gisantes,

comme le sont les gouttières  qui finissent les toits

vomissant à l'étroit tout un ciel bleu de tuiles

telles ces larmes de sang, pluie d'orage dans les yeux

d'une femme laissée pour morte, là, son amour horrifié,

s'asseyant sans espoir, et pleurant pour de vrai.

                                                    

Les amitiés sont lointaines

et leurs besoins épris

d'une allure hautaine.



Puis d'un reproche à l'autre,

Ces proches ces autres

s'éloignent sans adieu, ni même une ligne,

un bouquet de roses, des regrets par un signe,

un geste pour la cause.



Les amitiés perdues

pour un mot poignard, une épine trop pointue.

L'envie elle, telle une vague, s'atténue;

les artères écarlates font sa mue,

et les veines attenantes ont l'éclat caverneux

des plumes d'un aigle noir poursuivi par son ombre;

L'oiseau d'un malheur accouché simplement, comme on fait son ni.

Les besoins se meurent et pourrissent à fond de cale

où les rats slaloment sur la piste verte, ou bleu pâle

entre les moisissures souvenirs,

vieilles croûtes d'homme dont ils raffolent

et que ce vieux bipède, durant son existence,

émiette comme l'aura d'un mouchoir de poche

quand il farfouille son passé, qui sans fin le régale



C'est le goût du sang de la colère

La gorge noire vomit épaisse

Évacuant des lambeaux de regrets

Dans le transport de sa nouvelle mue

Et une voix sèche grince

Ses notes lasses et rêches

 

Et je crache aux visages boulonnés

Les yeux droits dans mes bottes.

Mes rides en festin de la mort

Et mon hymne cruel

À la farce du monde

 

C'est le chant de mes lacunes

Du corbeau réprouvant les siens

Voyant noir en morceaux

Un tas de loups-pour-l'Homme.

Rats fistules et rafistolés:

Un tas de rats qu'on sent frustrés,

au temps des rates fistfuckées.

 

Les amitiés ouais mais nan

Les amours ouais mais nan

Des amis ouais mais nan

Des amoureuses ouais mais nanas

Et des banquiers gars gagas

L'économie des cons anémiés caca fard

 

Au moment de faire les comptes

Lorsque c'est mon sang qu'on sert en sacrifice



Pour leur monde sans têtes

branchées, à part dans les files

Ni queues

à part pour faire la queue

pour une queue dans les filles


Lorsque les huissiers  s'en vont

La vieille chaise au milieu de la pièce m'appelle



Et ses pieds, toujours solides encore, dessinent pour moi

Ma résistance sur ses béquilles

Toujours debout et fidèle

Bancale mais vieille amie, ma résilience,

L'assurance vie de mon existence

 

La solitude.

 

 

Cribas 25.06.2014  (Repris en Oct 2016)