Un soir, alors qu'aux blondes depuis un bail, je me suis roulé quelques cafards, j'ai eu la sensation,

de celles qui sont perfusées directement sous la rétine de sorte qu'on voit au fond de l'esprit comme lors d'un grand jour,

quand dans la poussière de l'âme les visseries microscopiques de nos esprits torturés et démontés à l'arrache se distinguent avec éclat le plus naturellement du monde,

la sensation danse

la sensation donc, que je devais maintenant écrire plus sobrement.

 

 

C'est fou comme parfois ça me remet dans l'horizon,

de perdre ma brièveté quelques instants, de la reprendre à la fin du voyage

infinitésimal où le temps métamorphose mes secondes jusqu'à la prime jeunesse de mes premiers pas,

de perdre l'équilibre, et dans le fracas de la réalité je m'aperçois qu'en temps normal je penche toujours

trop d'un côté ou de l'autre.

Et je tombe pour me remettre droit

 

 

Un soir, alors que sobre depuis un bail, j'ai resservi mes viscères, j'ai eu la sensation,

de celles qu'on souffle directement dans les branchies à l'air libre de sorte qu'au fond de l'esprit les vagues portent des courants de vérité,

quand dans la grisailles des cieux pollués

dévalués au lieu de délavés

en plus de la lumière on se prive aussi d'oxygène

la sensation danse

la sensation donc, que je devais maintenant écrire plus relâché.

 

 

C'est fou comme parfois devant les horizons bouchés on se tient droit,

Comment d'à peine un petit ça, un petit rien, une virgule mathématique

On s'éloigne en laissant trop de mou à la corde de notre piquet

Trop de leste à l'attache de nos montgolfières

La vie ça file comme si les nœuds n'existaient pas

Et je me réveille de plus en plus tôt

Me rodant à l'index, une bobine au poignet

Pour tisser ma vie infiniment déplumée

Pour me remettre droit

 

 

Un soir, alors qu'hémisphère gauche* depuis un bail je suis repassé en manuel, j'ai eu la sensation,

que m'éjecter plus loin dans le vide c'était parler pour ne rien dire

Comme si un petit rien, une virgule mathématiques

avec elle c'était sûr, aussi sûre qu'une formule dans le domaine public

C'est fou ce qu'on se rassure

devant les miroirs inverses grossissant

Je m'aperçois que je penche, tout en allant bien droit

Comme si mes cris

étaient encore un autre silence

 

 

C'est fou, ces cris d'enfants qui sont tous les nôtres

c'est fou ces reflets d'égoïsme sur les roches d'ego

comme autant de tessons ensanglantés dans les mains mosaïques des peuples

Si mes poèmes étaient épiques et non colère au gramme

Je serais moins bouton pression sous la fermeture-éclair

Les femmes comme toi on ne les oublie pas

Les hommes comme moi on les aperçoit et ils nous hantent

Je souhaite maintenant me rendre, baisser les armes

C'est fou ce que je me rassure

lorsque tu déchantes pour moi  toutes les larmes de ton

Recueil

Miroir dans un verre grossissant

C'est fou comme je t'aime quand tu mens

 

 

 

Un soir il était temps, alors que tous mes sens il était une fois

étaient en décomposition devant son rôle sous toile de tente

-C'est que de poète

à bête poétique affamée

Il n'y a souvent pas plus d'un seul piquet;

Alors je me laisse à tes ordres

Tout ce qui est à moi

Tu ne me le planteras pas dans le dos-

J'ai senti que mes têtards prenaient la forme de nos rêves

et peut-être un jour le chemin de ses défis à la gravitation

C'est fou ces cris d'enfants, ce sont les vôtres à toutes,

les nôtres à tous.

 

 

 

Hier j'ai trébuché là

devant toi

J'aurais dû me relever sans t'expliquer

Mais tes yeux sont si grands, si verts

 

 

La sensation dense

 

 

 

 

Cribas 13.03.2016