C'est l'usure, le grand froid semblant éternel,

La saison amère, l'âme dans la glace.

Ma tête, mon corps entier sur ses pieds restent droits sans broncher.

Ma peau je la sens vieillir par tous ses pores.

 

Ma poésie,

On dirait une mère remontée à la surface

Tentant d'effacer en clapotant des mains autour d'elle,

Toute sa crasse.

 

C'est l'usure, le grand froid semblant maternel.

Ce n'est même pas la mélancolie que j'ai autour des chevilles lorsque l'hiver s'éternise.

Non plus le parapluie sec que je traîne les jours entre deux, deux trois,

printemps-automne-hiver.

C'est l'usure. Ce brouillard éternel qui égare mon âme sans cesse plus loin de moi.

 

Ce n'est pas simplement un jour bleu de plus. Ce n'est pas une minijupe en escarpins surprise par l'orage.

Ni même cette veste légère qu'on emmène à cause des bulletins météos avalés comme un café brûlant les matins un peu justes; le temps s'annonce

et pousse à la faute de goût. On épouse tous les mêmes habitudes, surtout si elles sont fournies avec leur propre édulcorant.

On affiche chaque jour de plus, notre bulletin météo sur notre torse.

On le présente comme la vérité du jour, et le soir on rentre avec, sous le bras ou pliée en boule, emmêlée à d'autres preuves-chiffons au fond du sac. Et on s'en moque, on est pressé et c'est même à ça qu'on nous reconnait.

Compressés. Artistiques. Compressions de nos vies.

 

C'est l'usure, le grand froid semblant éternel,

La saison amère, l'âme dans la glace.

Ma tête, mon corps entier sur ses pieds restent droits sans broncher.

Ma peau je la sens vieillir par tous ses ports.

 

 

 

Cribas 15.04.2016