Je t’ai donné toute ma jeunesse

Sortait de ma bouche comme un reproche

 

Qu’en faisais-tu de ta jeunesse ?

Avec l’assurance de celui qui interroge

M’assénait-elle sans attendre de réponse.

 

J’ai sacrifié ma vie sur l’autel de tes ossements

Etayé ton squelette qui s’affaissait !

 

Et réciproquement !

Je suis ta colonne vertébrale! Tu le démens?

Claqua comme un fouet de minuit dans une ruelle endormie

 

J’ai cru en toi au-delà du langage

Jusqu’à la marge, phalange après phalange enchanté ton verbe.

 

Et je suis responsable de ta fausse route, des crevasses du chemin ?

Je t’ai montré l’aiguillage

Cela ne comprend pas l’horaire des trains.

 

Que je marche devant, que je courre derrière

Sans cesse tu es l’horizon.

 

Non, tu n’as pas encore saisi

C’est toi que tu poursuis, ton ombre

Moi, je ne suis que la poésie.

 

 

 

Cribas 24.09.2016