Un jour, du passé tu te souviendras

De tout

De toutes tes jérémiades.

 

Ton âge souverain entier passera

En tout

Ton souterrain se révèlera

 

Et cette chance que tu pris pour alarme

Soufflant, haletant

Telle une chienne en cristal rongée de vacarme,

Jalouse du talent

Que la souffrance offre au fou pour seule récompense,

Crissera stridente,

Sirène sélective exfoliant ta folie de salon.

 

Ce jour au futur, lorsque les sabliers fondent en glissant

Le long des bougies

S’aperçoit déjà

Ta flamme,

Flageolante lueur

S’étouffant de sa molle vérité,

La cire en sueurs.

 

On ne devient pas une souche arrachée.

 

On ne désaltère pas les sources taries,

Quand on est la feuille verte d’un arbre à sa nouvelle saison

Qui naît renaissance pour la millième fois,

 

Quand on a la veine d’être une des racines

Au clair d’un millénaire sous la même étoile.

 

Lorsque le futur me rappellera

Auprès de lui

Que seul notre passé

Est enfin un destin véritable

Il verra la lumière

Eclatante, que j’aurai installée

Eclairant mon souterrain

Et la pâleur inquiète

Qui sans cesse interrogea mon front.

 

Mon âge souverain me révèlera

Tout entier

En vérité.

 

 

 

Cribas 30.10.2016