Sais-tu au moins te taire

Quand tu t’écoutes ? 

Sais-tu seulement penser,

 lorsque ton regard 

deux néants

Cherche dans l’urgence              

Un refuge,

 un autre vide

Bruyant ?

As- tu déjà étouffé le tintement de tes armes

En les déposant, 

à pas de louve

Au pied

Du silence ?

J’entends sans cesse ton kimono qui fripe l’air

 A force de déployer ton système de défense

En prises offensives

Repliées

Sur toi-même

Tu attaques, tu critiques, tac tac tic tac tac tic

Ton brouhaha charrie, varie, 

ajuste les tirs en pleine tête

Et les mortiers

Chargés de bons mots

Acides.

Pas un seul boomerang ne t’a atteint, depuis que tu fais la guerre aux lanceurs d’espoir

Et de grappin

D’amour et d’amitié

Tu ne te laisses pas agripper

Par le cœur

Trop peur 

de glisser, d’être entraîné,

Tu connais le piège par cœur

D’abord on t’aime, 

puis on te noie

Dans un puits. Que tu crois !

 

Et moi je t’observe

Je dégringole dans ta rigole de poix

Et je rigole, je croîs

Je m’amuse de mes mots gonflant de tiédeur les averses glacées

Qui t’affolent

Tu ne te lasses pas de gripper le tour de clé

Du coffre où tu enfermes

A double tour la clé

De ton humanité.

 

Peux-tu seulement saisir

Le sens

De tes maux ?

As-tu l’odorat nécessaire

A l’élaboration constante 

de ton essence ?

La naissance 

de ton aura

S’éloigne à chaque regret que tu glisses sous le tas

De tes crasses. 

Car toi tu ne regrettes pas,

Non jamais. Indécrottable tu t’encrasses.

Ton orage est passé tout près de moi

Tu as gardé ton climat

Sans marquer le moindre arrêt devant mon arc-en-ciel

Tu as jugé

A grosses gouttes tu as frappé

Mais je suis l’écho au fond du puits

Et tes nuages de grêles électriques ont rebondi, liquéfiées !

Tu pourrais te noyer d’avoir le cœur tout sec, 

dans ce vers.

Le savoir par cœur est un piège à connaître.

Il n’y a pas de vérité plus évidente

Que l’humide des yeux,

L’alarme à l’œil, musicale ou ronflante

Est le signe d’une mélodie intérieure.

 

Toi tu bourdonnes et tu casseroles comme un manche,

Tu dézingues à toute berzingue les refrains griffonnés sur les zincs

Et tu froisses comme de l’aluminium

Tous les tapis rouges

Jalouse,

Déroulés épars, pour des roulures allumées d'être mises au pas.

 

Je t’ai observée, finalement

Les aigus tus, silence sur les ongles

Pas longtemps et sans un mot

A mon sens, le meilleur sur tes ondes

Tu dors sans émettre un seul son

De l’apprendre, ça décoiffe les tympans 

Que t’affolent.

Tu ne te lasses pas de rêver comme tout le monde

Le visage aussi expressif que de l’eau bénite

Alors qu’est ce qui pauvre cloche avec ton toi ?

 

Toi, finalement,

T’es toi quand tu t’écoutes.

Et les autres qui parlent,

C’est toujours le même couplet

Qui ne parle pas de toi.

Toi, finalement,

T’es toi quand tu t’écoutes

Et tu t’écoutes à tout bout de chant.

 

As-tu senti au moins le souffre de l’enfer

Echappé par tous mes pores

D’Adam

Dans l’urgence

D’un nouvel Eden

A chaque fois que ton refuge a empli le mien de vide ?

Tu n’étais pas mon Eve, ma familière, mon rêve

Non deux jours et quelques

Heures brèves, pas vraiment de quoi semer mon sol aride.

Je te rassure

Pas de quoi non plus une nouvelle ride

Encore moins un lien, une quelconque bride.

Mais des questions. Simplement des questions

Plus hautes que toi. Des questions vides, des idées de fond.

Des questions de fond à propos du vide de tes idées. Tes désidératas que j’ai ratés, bien décidé à garder mes idées

 

Sur tes questions.

 

 

 

 

 

Cribas 18.03.2017