Ils sont de moins en moins surprenants.

Outre le nombre de ses membres, que les années ont revu à la baisse, le groupe de parole qu’ils forment depuis des pintes a aussi largement perdu en décibels.

 

La communication verbale mute parfois aussi lourdement que le poids des mots sur une atmosphère pesante.

L’échange emprunte alors une autre voie, puisque parler pour ne rien dire a cassé son ressort, par les yeux.

Parler avec les yeux est une alternative, quand on ne touche plus avec les mots.

 

Certains d’entre yeux se comprennent maintenant aussi rapidement qu’un coup de feu, même en se fusillant du regard

Emission d’émotions en salves d’éclairs.

 

Les autres sont devenus soucieux comme d’épais sourcils, et désespérément tactiles ils saisissent la moindre occasion de tâter au hasard, comme des aveugles somnambules cherchant à cartographier les parois de leur cauchemar.

 

Les yeux dans les yeux, la lumière transporte,

Un faisceau de preuves.

Les paupières parlent le Morse, un peu comme les étoiles filantes qui se suivent en pointillé sur l’écran de la nuit.

 

Ils n’ont plus rien à se raconter pour la énième fois, depuis que leurs souvenirs communs ne sont plus qu’un univers lointain aussi inexpliqué qu’un trou noir.

 

Ils sont de moins en moins lanternes dans la nuit

Les amis.

 

 

 

 

Cribas 08.04.2017