Signifiante

 

 

Reste que le temps qui passe a aujourd’hui l’allure d’une étoile filante. Le début est si proche de la fin que le sens donné au monde en une seule existence n’a ni queue ni tête.

Commencer par le désert intellectuel ou alors terminer par la résistance de classe, ne donne droit à aucune entrée gratuite pour le palais du bonheur.

Tout est sciemment posé sur une branche, qui de toute manière, appartient à cet arbre au-dessus du précipice.

Les dents de lait, les édentés. La cocaïne, le formol. Les circuits courts de la raison, et ces tonneaux d’un soir qui nous feront déborder de la piste.

 

L’âme retourne souvent sa veste dont l’encolure griffe nos schismes.

 

Ne reste que le temps qui presse l’allure du néolibéralisme.

 

Nos passions prises dans l’étau font fausse route, tandis que ce dernier en avalant deniers sur deniers brise les révoltes en y posant son oreiller.

Nos cœurs baillent, dès le lever du jour nos rêves entravent nos bouches.

 

Reste que le temps s’empresse de mettre la pression, et la passion à la barre presse de l’intérieur.

Bonbonne hier, explosive, se contente aujourd’hui d’un filet léger et sucré, d’une dépression vide de vérité.

 

J’en ai vu des canons de bonté, se mettre à cracher de la mitraille sans vergogne, sans un regard pour le dégât collatéral en gerbes de feu sur les nids de cigognes. J’en ai vu des enfants meurtris affamés sur les murs des cathédrales moquées, sur le dôme des mosquées j’en ai revues, des salves traversant, de vitrail en verset.

 

Reste que le temps qui presse, me dépasse.

 

Nos trêves font mine d’avoir le temps. Nos armistices ont de l’or dans les doigts. Et des techniques de progrès subsoniques.

 

Du reste mon temps propre se trouve dans l’impasse. Naguère je me suis senti victorieux mais sans m’arrêter là.

 

Aujourd’hui je virevolte, encore, tout en détestant ce verbe précieux de ma narration. Je regarde le monde comme j’observe ce môme fou dans le miroir qui tremble, en gris et en ombres cernées de maléfices. J’ai tellement vieilli à mon encontre, que je ressemble aujourd’hui au monde qui passe sur ma vie.

 

Je ne suis plus qu’un vieillard refusant la folie des guerres lasses. Hélas les guerres se délassent dans le torse battant des jeunes au cœur tendre.

 

Les dents de lait, les édentés.

 

Il ne me reste aujourd’hui que le temps qui creuse le blast de mes  galaxies lépreuses.

Souvenirs avariés par un rêve sidéral réduit au silence de l’éternité.

 

Je n’en finirai pas, avec moi. Et les autres peuvent bien gesticuler en enfer, je ne les rejoindrai jamais.

Je vais mourir comme un chant au milieu du lac sacré, à moins que mon dieu ne se désigne en me lançant un insigne soupçon d’amour terrestre : un cygne nacrée.

 

Reste que le temps lance des flèches aujourd’hui. La mémoire retrouvée atteint parfois sa cible oubliée. L’univers siffle comme l’essoufflement d’une trottinette de coursier dans le vent, lorsque l’homme court, après recourt à ses jeunes années.

 

Nos passions frisent la perfection, ainsi que ton corps qui a traversé les éléments.

Nos visages tristes, et l’air sévère de la détermination.

 

 

 

Cribas 05.04.2026

 

 

Ce contenu a été publié dans Non classé, Poésie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *