Epitaphe de l’occidental anonyme

 

Tu ne m’as jamais rien donné

Devrais-je dire rendu ?

Tu ne m’as rien rendu, jamais

Aucune sensation de victoire

Rien qui ne pousse à résister encore

 

Rien qu’un sentiment de réussite

C’est trop pour toi

 

Tu ne promets d’or

Qu’à celui qui te donne son sang au réveil

Pour qu’il s’endorme

 

En te gaussant de son effroi

Tu fais miroiter de gauche à droite

Un monde dans lequel l’encens va aux plus adroits

 

Les premiers auront les deniers

Et les derniers se feront coffrer

 

Paix aux âmes que ma jeunesse a rencontrées

Qui foudroyèrent sur un platane

Leur impossible quête de platine

En goinfrant le moteur d’une GTI taquine

 

Ce qu’il nous reste c’est l’enfer

Encore un mensonge

 

Mais la langue française

C’est bien la vérité agile qu’ébruite le talent révolutionnaire

Terre à terre, j’écoute dans un songe

Les paroles sonores de la révolte sourde

Le scalp aigu des larmes aiguisées

Le roulis des têtes fières, déchues

Balancées dans l’enceinte des basses besognes résignées enfin à la terreur

 

Pays, tu ne m’as jamais rien donné

Tu m’as vendu aux plus offrants

Aux religions aux encensoirs

Comme si chaque soir enfin, harassé

Je t’appartenais en te brossant les dents

 

 

Cribas 15.08.2025

 

 

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