Public house

 

Mes écarts de langage sont passionnés. Pour y faire face il m’aura manqué le passionnel.

Je suis un homme politique, une femme à l’abandon. Un scintillement dans le miroir organise chaque matin, mon premier café avant d’enjamber la gloire orgasmique de mon reflet.

J’aime me voir, et parfois même me revoir, le soir et me comprendre.

Je suis dingue de mon histoire toute propre, de mes éclats face caméras, de mon âme en cendre agrégée au centre de l’arène du grand cirque sans entracte.

Je suis l’illustration expresse du vide intersidéral en transparence sur la fresque sidérante de l’humanité cherchant à combler ses rides. Le silence tonne ses bruits blancs.

Mes idées s’ébruitent sur le fond sonore des ahuris, claquant tels des glands sourds sur le sol.

Dès le pas lourd de ma porte, je fais mine de consistance et mes répliques m’emportent. J’emprunte à mon portrait la réverbération de son écho.

La lueur au fond de mes yeux n’a jamais été qu’un leurre séditieux fuyant la rencontre. Sans cesse je regarde ailleurs dans le blanc des yeux. Mon regard alterne, en vain, entre ma flamme et l’inconséquence des cieux.

Je ressasse des lieux communs dans le vent.

J’ai fait le choix de me mettre en avant, ma vie passe en rêvant et comme tous les chiens de loup je crève dans mon linceul de rêve.

 

Cribas 24.10.2026

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