Je parle de plus en plus avec mes mains les mots me manquent. Ma sourde colère tremble en organisant mes phalanges aux ordres du mutisme. Ma bêtise s’emballe dans les discussions m’enjoignant au silence. Le blanc de mes yeux coupables intrigue le reflet des armes polies.
Je parle faible, espérant remporter le concours des lâches. Avec l’âge j’ai appris à tue-tête, à chanter mes tout derniers mensonges dans le ciel évidé de mes convictions sans nuages : La peur est un rongeur de lanterne, et l’amour tamise sa lumière sur les rats de bibliothèque.
Convaincu parfaitement par la mort dès mon adolescence, mon invisible enfance fut vaincue par ses absents de renom. J’ai renommé mon mime de père en modifiant son patronyme, enterré ma mère en flirtant avec ses essences.
Je parle de plus en plus avec les mains, libéré des mots qui me manquent.
J’ai fait la sourde oreille à tous les boulevards bruyants, j’ai traversé en pointillés l’autoroute agonisante sur mon chemin. J’ai puisé ma liberté orthogonale, secrètement, en empruntant ce même chenal où l’on attache à des pylônes les chiens sauvages trop bruyants. J’ai évité la prison en homme libre, menotté à mon destin.
Je parle de plus en plus avec les mains de mon langage verbal épuisant.
Cribas 07.11.2026
Désemparée