Au chien qui vote

 

 

 

Les chiens méchants remuent la queue avant de mordre, c’est leur plaisir. Avant de mordre la poussière, un peu paumées les masses vocifèrent.

Ne pas se rendre compte, vertu première des narratifs à la rescousse.

L’humanité, entière, se partage entre divers barreaux  d’où divergent les secousses, sur l’échelle d’une ascension funèbre.

 

Les peaux lisses militent contre des armes moins létales

On n’est pas vital quand on a dix-sept ans

Les fourgons s’invitent en remplaçant par des balles

Le soleil dans les yeux phares des enfants

 

Elites, telles que je les étrille,

Zèbrent l’histoire de leur propre oubli,

Nous enchâssent dans le noir de nos vies

Zélotes ainsi sur nos yeux qui brillent

 

Elles envoient tous leurs flics poubelle

Teindre le sac de la révolte

Vert et rouge télévisuel

Fougue des médias désinvoltes !

 

Les chiens idiots, sans colonne vertébrale, c’est leur récompense. Tueurs de nasses.

Avant de manquer d’oxygène, les masses lacrymales brassent la poussière, éternuant dans le vent.

 

L’humanité, entièrement avisée, révèle sur ses congères, conspue ses congénères au gré des congrès.

 

Les chiens méchants de pancarte. Les gentils clébards. Les loups lunatiques en pleurs. Les roquets du Mordor. Les bassets en charentaises. Les chiens louves et les chiens de poche. Les fils de chien. Les chiens gras les gros chiens. Les chiens errants les sales chiens. Les caniches des villes les chiens dans leur niche. Les chiens déchainés les chiens qu’on enchaine. Les chiens de combat. Les débats entre chiens. Les chiens qui aboient. Les chiens qui ont soif. Les déboires sifflant les chiens. Les trottoirs de chiens.

 

 

Cribas 10.10.2026

 

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