Terrain vague
Par Cribas le dimanche 30 septembre 2012, 20:07 - Cribas 2012 - Lien permanent
(Texte + écoute)
Je me suis dit comme ça
Que j'allais recoder mon héroïne
Mais au final
On ne décode jamais rien vraiment
Sans vitamine
C'est le mépris qu'on a pour la mort
Et que je m'injecte ou non
Des sels
C'est toujours le même mépris
Que j'ai pour la vie
Oh non aucune grande phrase
Aucune idée d'aucun chef d'œuvre
Ne m'oublie dans un coin
Me cultive un jardin
On élève la mort tout du long
Et ce qui tout importe
Est tant et tant
Inutile autant que les concepts
Et les systèmes de pensée
La différence c'est la non peur du vide
L'annihilation du langage
Et des communications diverses
Et pourtant même les taiseux
Sont des muets mutants
Des alanguis conceptualisés
Ça parle ou pas
De peinture et de littérature
De guerre et d'économie
D'enfants sages et d'avenir
De gâchis monumental
Surtout ça frise
Le ridicule solidifié
La lucidité masteurisée
Je m'étais dit comme ça
Que j'allais recoder ma race
Mes gènes dans mon sous rang
Même dans les drogues pourtant
Je me suis vu tamponné
Vu à la télé
C'est votre mépris pour la vie
Dans votre nature
Rien à voir avec la sélection naturelle
Naître aux portes du temple
Et y périr sans un seul regard pétillant
Parfois sort un gueux
De l'âpre monde
On lui apprend la diction
On en fait un pignon sur rue
Ainsi la médiocrité générale est rassurée
Chacun retourne à la sienne
Les torchons avec les cochons et les tirelires
Et la gueusaille à la machine
Essuie son front de sueur
Dans une serviette triple A truquée
Il faut être sans code, déconnecté
A vendre, sans âme, à recoder
Pour continuer à décoder
Sur les thorax autour des cous
Ce petit panneau visible et gêné:
A vivre.
Dans tous les sens,
Par le biais de tous les cryptages
Et autres profilages,
Je sens j'entends je touche
La même essence
Le fond de l'âme inutile
Où n'existe pas l'humanité.
Le terrain vague est en vente aux plus offrants
Depuis l'éternité.
On deale des offrandes
Et autres liqueurs
Comme on oublie à la vitesse du progrès
Même les ruines ont besoin de fondations
Qui cherche trouve
Je n'observe qu'un terrain vague inconstructible.
Oh non aucune grande phrase
Aucune idée d'aucun chef d'œuvre
Ne changera la nature du cœur
Sol aride.
Le terrain vague est un plan lisse imperméable
Où glisse et s'amuse drôlement l'âme
Ce chien errant invisible que les poètes et les incapables
Dessinent au lieu de
pendre les femmes.
Cribas
30.09.2012


Commentaires
Cribas, ceci entre autre " Ce petit panneau visible et gêné:
A vivre." est une petite pépite que je vois briller à la nuit tombée...je lis beaucoup ici, là bas , je suis comme vous le savez atteinte du syndrôme de la souris ( rires...)...alors parfois la trace, pour dire " j'aime" ...puis, je reviendrai dans ce coup de vent que vous commencez à " re-connaître"...tout ça pour dire, écrire, vos derniers textes sont magnifiquement bien pensés et écrits...MERCI
@Nath C'est amusant. Je venais modifier cette ligne, mais déjà vous l'aviez relevée. Vous dites "pépite", alors qu'il est possible qu'en fait ce soit plutôt une perle. Bon je laisse en l'état pour le moment. Merci à vous.
"Pendre les femmes" !...
Une corde à Vie, pour ne pas tomber dans le panneau ?
En tous cas, je crois que je ne pourrai plus avant longtemps passer devant un panneau "A vendre" sans y reconnaître un stigmate du "gâchis monumental".
Marche en "sol aride", décoder à la ligne, tous les dièses et tous les bémols, dessiner et entendre pour mieux saisir la portée.
Toute la musique que j'aime...et la danse du petit chien...errant...
J’aurais voulu recoder mon héroïne
Qui s’est un peu fourvoyée –fourdroyée
Alors tailler, à la pelle, égoïne
Je ne passe pas à autre chose
Elle ne pense plus à autre chose
Ma passion, pas meilleure que son poison
[La même essence
Le fond de l’âme inutile
Où n’existe pas l’humanité]
Mais moi je suis du bon coté
Je peux tailler dans la gamine
Tout ordre e(s)t légitimité
On dit qu’elle est tombée bien bas
Moi je collectionnais les A
-andouilles de qualité
Joli. Merci @Gabrielle.
C'est ça...les mots qui furent pensés, puis écrits... leur donner une voix, c'est ça ... c'est haut...!
Merci pour les mots, merci pour les sons. Ils résonnent.
INCERTAIN LIEU
A prendre l'addiction
On chope l'amère thune
Où les femmmes se retournent
En retroussant leurs mini-jupes
Dévoilant au regard du monde
Son nombril impeccable
Pistil et étamines au vent
Pollen mystique pour allumées notoires
La folle épopée du plastic
Loin des considérations esthétiques du C4
@gmc Une écoute ici, en guise de commentaire, rétroactif...