Liberté chérie

 

 

 

La liberté circonscrite a joui de mille siècles, en temps d’existence à l’échelle humaine, des silences peureux pris dans le cercle sans fin de l’aura des cathédrales asphyxiant la lumière céleste.

Tant de vies bannies de leur cœur sincère, pour un rayon minimaliste au travers d’un vitrail carencé en vitamine D. Dieu est une arnaque simpliste, et comme la mode du bronzage il change facilement de camp, tapi sous les bombes du moment.

Je me souviens du jour où je me suis débarrassé des victuailles de la religion, de ses rations militaires en chapelet d’injonctions. Je vous salue Marie Notre Père je vais m’endormir.

Mille fois.

J’ai tant écrit de poèmes, artifices de ma renaissance pourtant soluble dans la nasse, comme autant de mensonges d’un renégat incapable de rejoindre la lumière.

Car la lumière ne hait pas le jour. Et moi, je déteste la vie jusqu’à pas d’heure.

La vie devrait être une île où l’on peut se reposer le soir au coin du feu en éparpillant la peau d’une mangue juteuse cueillie dans l’après-midi alors qu’on parcourait en toute discrétion son propre coin à champignons.

Mais je suis un vieux con et je vous le dis, de nos jours, les mangues sont vraiment dégueulasses.

Et on ne les cueille pas, on les flash code à la caisse du coin à champignons.

Porter un masque est inutile. Vous êtes déjà changé en passivité. Ce n’est pas de votre faute. Vous vous taisez le plus souvent du monde qui vous parcoure les veines. Pour votre bien. Vos angoisses sont légitimes. Vous n’êtes pas peureux. Vous êtes nés du côté silence de l’île, sur la plage parsemée de cadavres d’œufs de poisson tumultueux. Dans l’œuf, c’est comme ça qu’on éradique toute velléité de liberté chez les téléostéens. Les poissons osseux qui regardent la télé.

Télé est le terme générique de tout écran devant lequel la perdition se confronte à l’élégance de son double en surbrillance. Ca semble interminable.

C’est par ce constat que mon sang est de lave, et que chaque jour que la vitamine D fait, je goûte à la rage, en blanchissant mes fringues de cercles de sel.

La liberté est en moi, inextinguible et radioactive, explosive emprisonnée. Ce n’est pas la liberté des tours du monde, ni celle d’entreprendre et de gagner l’Olympe planté sur la cime dorée de sa pyramide. Non. C’est la liberté de l’esclave qui a dédié son existence entière à se déconditionner.

S’il le faut, mes paupières et tout à la suite, tombera en morceaux.

La porte de sortie est bien cachée. Leurre que cette vieille grille à la mine condamnée, qu’il a suffit de pousser pour continuer à grincer en ce monde fait de crasse et de rouille rabâchées.

 

J’ai une chanson en tête. Et ma chance c’est de l’avoir oubliée.

 

 

 

 

Cribas 09.09.2026

 

Ce contenu a été publié dans Poésie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *