Je vis sur une planète inconnue, remplie d’inconnus qui semblent se connaître. Et je suis le fou.
Je marche dans les rues où mes pas s’égarent sans cesse sur le même parcours. Et je suis le fou.
Je baisse la tête et je regarde mes pieds dans des empreintes trop grandes pour eux. Et je suis le fou.
Je déambule aux abords des carrefours rugissant, avec pour seul moteur mes ruminations clopinant au rythme d’un fer à cheval hésitant. Je cherche ma chance dans les crinières sauvages. Et je suis le fou.
Je croise des regards bleu électrique, vert paillette et parfois des yeux noirs comme le dépit rongeant tout sur son passage. Et je suis le fou.
Je n’envie personne sur la promenade, je ne vis de rien d’autre que mon propre vide. Et je suis le fou.
Je suis l’hernie sur un nombril se moquant des clamps qui ont pris. Jusqu’à la corde mon cynisme usée. Et je suis le fou.
Les guerres en Unes, les révolutionnaires tactiques de stratégie publicitaire, se désintègrent dans mes ray-ban à vision laser. Et je suis le fou.
Je rêve parfois, pour fuir le bitume, de mon étamine offerte aux mandibules d’une abeille. Et je suis le fou.
Je suis la poésie de la ville confinée, de l’odeur de mort rôdant sur le palier, de la rencontre avec soi-même dans un immeuble cloisonné à double tour. Et je suis le fou.
Je suis la suprématie de l’âme dans un monde où l’on s’abonne à sa caricature. Et je suis le fou.
Je ne suis pas le nombre, je suis mon ombre, je suis le fou.
Cribas 06.06.2026
Ton commentaire est une irrévérence que je vénère, au calme!