Jours intensifs (J.I 69)

             









Ne compte que sur toi. Et encore, où iras-tu ? Ne compte pas sur l’art pour faire un beau voyage. L’art n’est qu’une excuse qui fait survivre l’homme au destin discount.

En avion en bateau à voile ou  bimoteur.

Tes billets ne valent pas très cher.

Et ton faible courant pas triplette.

Ne compte pas sur moi. Et d’ailleurs, où irions-nous ?

La fibrillation ce n’est plus pour toi. Tu ne risques plus rien, ton regard ne se porte plus dans le lointain. Tu es maintenant si proche de la fin de l’horizon que tu croyais éternel.

Il fallait prendre ton temps afin que ça dure toute une vie.

Meurs maintenant ! Meurs en attendant la mort puisque tu ne sais pas mourir tout seul !

Suivisme collectif !

L’art n’est qu’une excursion qui se termine mal si on veut qu’elle réussisse. Réunir.

Ne ponctue plus tes raisons. Jette leur toutes tes couleurs et tous tes mots, et tes douleurs et tes adieux, promets leur chaque jour la fin de ton voyage au prix le plus précieux.

Ne compte que pour toi. Pour eux tu n’existes pas comme celui qui t’observe depuis le jour en espérant une nouvelle nuit. Chaque aurore.

Écris tous tes contraires, peins la transparence, chante ce que tu as en toi de muet.

Plaque l’horreur à l’extérieur comme si ton nom de domaine, tu n’y tenais pas.

Tu n’y tiendras plus.

Si les grilles restent ouvertes, on appuie tout doucement sur la sonnette.

Chez un fou, on n’entre pas comme dans un moulin.

Le silence n’est pas effort pour celui qui a conquis ses faiblesses.

Prendre le vent dans ses bras. Ils ne sauvent pas ce qu’ils sont.

Attendre la victoire est une situation de faiblesse.

Perds, arrache les racines de l’arbre où tu as déjà noué ta corde.

Sache que rien ni personne ne te le rendra.

Accepter sa défaite, c’est faire mordre la poussière à l’idée de destin.

Ne compte pas sur moi. Et d’ailleurs, où irions-nous ?



Un temps

Soit peu

Vingt ans

Sois feu


Trente ans

Un peu

Tentant

À deux


Par temps

D’ennui

Séchant

La pluie




Regarde l’art, ne compte pas sur moi.

Le désordre, c’est mes pieds et mes mains.





Cribas 23.09.2007





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