L'amour à la cagette (J.I 78)

               







Souvent, lorsque je me mets à réfléchir le plus tard possible, je me congratule en ces termes : « Bon, Cribas, un dernier chef-d’œuvre et tu vas te coucher ! »

A chaque fois c’est pareil, je reste là, inerte pendant des heures à rallonge.

Tout pour la rime c’est ma santé !

Je n’aime pas écrire sur l’écrire, mais parfois j’ai tant besoin de rencontrer mon lecteur que je me laisse aller à l’impudique.

J’ai créé ce mauvais jeu de mots, catégorique, pour cette même raison : Journal Infirme.

Je suis un handicapé de l’intimité parfaite.

J’aime la poésie mais elle me déçoit si souvent, que j’en choppe des migraines explosives.

 

O ma poésie

Où es-tu lorsque je te combats vainement ?

 

La passion se raccroche aux branches du dénigrement intérieur.

La folie s’en va lorsqu’elle se sent trop proche de la psychanalyse blogosphérique.

J’ai mal. Impudique.

 

Je retourne ici à mes premières amours, alors je pleure. J’édicte ma poésie avec des larmes à ne relire qu’en cas de doute.

 

Ma sociabilité est sur la route, sur le chemin où les sauvages et les pudibonds se saluent, l’air de rien, d’un trottoir à l’autre élevant leurs casquettes et les chapeaux hauts de formes seront bien à l’abri du vent.

 

Souvent, parce que je réfléchis trop sans ne jamais rien comprendre à l’ultime excuse de ma possession intellectuelle, je me perds parmi les artifices clés en main de la condition humaine.

 

Se perdre, comme ça, pour la forme.

 

J’ai évité la véritable réalisation morbide qui plane sur le besoin de création des jeunes gens. Je vieillis, avec l’idée lointaine de mon suicide raté par élucubration de l’espoir.

 

 

 

L’espoir est une corde effilochée

L’espoir c’est cassant

L’espoir ça fait cuire des brioches

A la place de mourir.

 

L’espoir ça se rappelle le plaisir

Ça cuisine les papilles

L’espoir ça fait survivre

Les recettes préparées par le désir

 

Je suis devenu cuisinier d’amour,

Dans l’espoir de mourir à souhait

Sans logique, et surtout pour toujours

En sauçant de l’index la vérité.

 

Moi j’ai dit pouce

A lâche de trente ans

Depuis j’aime tout ce qui glousse

Et les femmes d’avant.

 

J’ai perdu la mémoire

Afin de ne pas me corrompre

Afin que chaque soir

La beauté flâne sûre mes rondes.

 

Les femmes

A la place de la mort

Elles s’enflamment d’abord

Les femmes.

 

Ma vie est un silence meurtri

Dans le noir

Sous la couette une femme à l’abri

Puisqu’il faut la vivre.

 

Je rêve

Je l’idéalise aussi

Ma trêve

Par les cheveux et les cils.

 

Je la tire

Dans ma cachette…

 

 

 

 

 

Cribas 12.01.2008





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