Nés sens

      

Je n’ai jamais voyagé

Rapporté de souvenirs

Et pourtant mille conquêtes

Dix-mille voiles

Cent-mille périscopes à large spectre

Ont percé la brume

Ont extirpé mon sous-marin asphyxié

De la noyade enflammée des souterrains

 

Expulsé de l’hôte par un second souffle

J’ai d’abord ressenti une nouvelle nausée

Celle amorcée par la puanteur à peine masquée

Des marécages où l’on donne la vie

Et la mélancolie

Le tout servi dans un creuset de souffre en poudre

 

Je n’ai jamais voyagé plus que ce jour-là

 

Un enfer dans l’enceinte chaleureuse et prisonnière

Puis un hiver déguisé en carnaval avec brio

Une conclusion sans paradis pour enfin ne plus s’en faire

 

Trois empreintes magistrales

A nos trousses

Toujours sur notre trace

Infime et fragile ligne de vie

 

Et pourtant

L’existence

 

Notre attirance pour ce qui brille nous viendrait-elle des spéculums ?

 

 

Cribas 25.09.2011

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