C'est dans la boîte...

       

La bobine défile. Le film est noir, sur une bande craquelée. Tendue à l’extrême, prête à se déchirer. Le temps passe, s’en va, revient et tourne en boucle, ce qui arrache les cheveux.

 

Avancer, foncer à toute berzingue vers le haut de la pyramide. La peur du vide s’engouffre dans l’idée de grimper. Traverser les marchés crevés. Toujours pressé, renverser d’un coup, le coude vissé sur un corps déployant mille assurances, les bières tranquilles des zincs voués à la méditation sans retour.

Avancer, avancer, avancer : mot d’ordre devenu si ordinaire qu’écraser le champignon c’est super, même si ça plombe.

Scénarii uniques pour individualistes conformes.

L’ambition ça rapporte, ça habille classe les petits rempotés pour aller à l’école.

L’œil en coin, les trombines décollent, se paient le luxe d’un rêve sous cocaïne.

Un peu de poudre, lâchée en lest depuis le nuage derrière lequel on devine une flèche d’or, le soleil des rats.

 

Les bobines, toujours les mêmes bobines. Des bobines sans lèvres, sans amour si ce n’est celui de l’envie. La peur les vide. Les baisés de la mort.

 

Le film tourne. Mon silence n’y changera rien, et hurler me fout les boules Quies.

Je l’ai entrevue la lumière. Elle n’est pas lumineuse, elle est blanchâtre comme la peau d’un serpent de la même couleur.

Il est doux de se laisser lézarder sur les écailles de sa propre charogne à venir.

On  y apprend le sang froid et son envoûtante tiédeur.

 

Je n’avance pas, je tombe. Je vole à mon secours tout en vrillant vers mon trou. Je suis né trop haut le cœur. Bleu.

 

Le temps passe. Le reste si peu.

Ça tourne.

 

 

Cribas 04.10.2011

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