Vermifuge

       





Mi vie, mi dingue, mi raisonnable, mi ambigu. Revenues des limbes phréatiques, nimbées de chaos, les certitudes autrefois odoriférantes masquent mal aujourd’hui la toute puanteur narcotique à transmission par quart d’heure, accrue par le temps arrêté de l’horloge indécise d’un dieu pas encore exactement démantelé. Drogues, alcools, femmes, onanisme, café, thé, nicotine. Tout a été tenté par cœur, et par conviction de l’éternel, jusqu’à converser la peur au ventre en une attente absolue de rien, tel ce primate, inapte à l’obtempération et qui observe délicieusement la fuite, au travers des branchages d’où il se résigne, de ses frères d’espèce dans les hautes herbes.

Les aiguilles qui ont cessé de battre, se mènent en pelote imaginée à deux ou trois voies, n’ayant pour aucune d’entre elles, un drapeau à damier en point de mire. Les lucidités sont des fruits pourris se grignotant la guéguerre à tort et à raison en nourrissant bien moins l’esprit que les tumeurs.

S’inscrire à la faux, décapiter l’argile, se cisailler les oreilles à l’aide d’un sécateur pointu, gratter au canif l’écran de fumée devant ses yeux.

Mi vie, mi dingue, mi raisonnable, mi ambigu. Chaque recoin de son propre mystère est une brique authentique, façonnée à la louche. Peinture qui ne sèche jamais. Ecaille de nuit ou gouttelette d’azur. Franchir le mur du son tendu à angle droit par des élites ayant inventé une seule raison valable d’avoir encore envie d’assister au merdier dans lequel l’humanité se vautre : être là le jour du festin où un con tactile appuiera enfin sur ce satané bouton rouge.

 

 

Nous irons tous

Enfin libérés du commerce équitable et des rages de dents

Le surhomme n’aura pas existé ailleurs que dans la tête d’un fou

Quelques uns verront tout de même son arborescence

Mourir fugitivement en particules naissantes.

Les étoiles ne cesseront pas de s’allumer et de s’éteindre pour autant

L’humanité est aussi brève que les limites de son imagination hiérarchisée

Hier à peine achevée, aujourd’hui déjà bonne à jeter.

 

 

Mi vie, mi flingue, mi ambigu, misanthrope. Les raisons de ma colère ne se calment pas uniquement en me léchant la grappe. Et même plus léger sans mes burnes, j’ai encore besoin de morphine. Je pourrais me mastiquer le cerveau en lisant Céline, mais par respect pour sa notoriété, je préfère me l’imaginer vêtu de l’habit traditionnel d’un juif orthodoxe. Cela fait bien longtemps que le pois chiche qui me sert de fabrique à néant cafardeux me court sur le haricot, alors j’en fais de la purée pour compotées des méandres populaires. Je ne suis qu’un chien enragé, et celui qui ose poser sa main de caresse sur ma tête, je l’emmène voir là-haut comment la gueule ouverte, on atterrit les crocs plantés dans la boue.

 

 

Un peu de vernis. En peu de poésie.

 

 

En évanescences mordorées d’azur

Et en mixtures incapacitantes d’Eve

De bien jolis vers accueillent tous nos rêves

Trophées d’ecstasy pendus à la ceinture

 

Aux dards des muses en élégantes guêpes

Butinant de ruse en ruse pour la peinture

Viennent se piquer de bons et royaux poètes

Pour en finir un peu avec la césure

 

Mi ambigus. M’irritent. Psychotiques mots de chair. Ruche ecclésiastique. Mots qui viennent. Lettres qui passent. Fin lettré de non recevoir. Fout furie au fond du dortoir. Alphabet élastique. Soleil gris sous les psychotropiques. Non pensée. Gesticulation aléatoire. Electrification sensorielle. Censures bariolées. Barbelés en édification. Rêve de cathédrale émasculée. Laboratoire d’érections convulsives. Spasmodiques. Maudits scarabées bleus. Enfants pleins de promesses non tenus en laisse. Liberticides extravagants. Mots vacants. Lettres vagues. Sous pape. Mi vie. M’invitent. Maintiennent en vie. Mains tenantes. Paumes sur leur séant. Claustrophobes. Petits points dans un ascenseur en chute libre. M’évincent. Mi toxiques.

 

 

Mi vie

Bilan en quarantaine

Exclusion de la défaite

Internement prononcé

Propre juge

Miroir ne jouant plus le jeu

Passage obligé

Excitation

Douce piqûre

Chamboule-tête

Homme révélé

Egotisme incontournable

Poète en pls

Psychanalystes déroutés

Tempête en haute mère sans sucre

Altération du mensonge

Gribouilleur de rêves

Exigence jusqu’au-boutiste

Mi compte

Vie conte

Contre princesse

Mi flingue définitivement rangé dans le tiroir-caisse

Mi verbe

Mi verve

Mité

Mi mort

Déjà comme toujours.

 

 

Cribas 04.11.2011

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