Du lard aux lambda (titre tronqué)

            







Que de chair et de sang on leur livre un chemin, une raison. Le silence est d'or, l'art n'est pas d'argent on éventre donc le butin servez-vous. On ne vend pas nos livres on leur laisse croire qu'on sait qu'ils les achètent. La poésie ne s'achète pas, elle tâche. On l'aime et la jalouse, surtout ne pas la flatter d'un regard si elle est bonne. Le poète est un con, un artiste paresseux qui croit qu'eux. Ils l'attendent au coin du bois. Un craquement sur une brindille dans la nuit espionnée, un faux pas et couic.

On ne reconnaît pas les poètes il faut qu'ils meurent. Qu'ils crèvent tous! On fera le tri. Heureusement que lorsque le vent tourne, seuls les poètes ont les cheveux bien rangés, c'est à cela qu'on les dénonce.

Les salves du langage.

La poésie est morte qu'on croit. La vraie. Celle qui décrasse. Elle renaît, elle germe à l'endroit de l'ombre invisible, où ne gît plus, qu'on croit, l'arbre déraciné.

Un peu après l'hécatombe, vers la fin des supermarchés, on l'entourera de curieuses murailles à hauteur de courte échelle. Ça attirera les badauds. Du mort-vivant c'est quoi ça?

Les connivences autour de la momification ne seront plus de mise. Mais nous n'en sommes pas là. Sorciers et sorcières se meuvent à toute vitesse. La chasse n'est pas encore fermée. Parfois des sorciers-badauds équipés de pistolets silencieux sarbacanent la nuit. Méfiance. Pas poète pas prix. Ni vu ni connu. Un jour les masques tomberont comme des mouches -quoi d'autre pour des masques- et l'on donnera aux morts la place qu'ils avaient tort d'exiger. On leur fera un ban et des belles jambes de Rimbaud. Mais neuves. Pour aborder le vingt-deuxième siècle ou ne sera pas.

 

 

(Aux badauds)

 

 

Que de chair et de sang

Que de chaises longues vitrifiées

L'apocalypse est une chanson

Qui danse encore

Même à tout jamais pendue par les pieds

Quel butin servez-vous!

Ne soyez pas inquiets le tiroir-caisse est coincé

Il rouille dans la vieille cour des jardins secrets.

 

 

(A toi sorcier mon frère)

 

 

Fraye-leur un chemin s'ils ont l'air perdu

Aucune route n'est vraie

Lorsque les flèches sifflent dans ton dos

Coupe la ligne c'est un harpon

Un grappin que sais-je...

 

Si tu rencontres Rimbaud

Rends-lui sa jambe

Implore son pardon

Et apprends-lui à nouer ses lacets

 

 

 

 

 

Cribas 08.07.2012

 

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Haut de page