Canicule

 

Le feu jaillit du bitume recouvrant les pores d’un sépulcre oublié.

La ville dore au soleil ses fruits incarcérés en toute innocence.

La brûlure sidère et saccade le souffle tiède des peaux.

Les flashs info incinèrent les cimetières par paliers. En degrés d’ignorance majuscule ils perfusent, les âmes présentes, de science infuse, invoquant l’incandescence maquillée de leurs dieux détérrés.

Les climatiseurs assèchent les puits de souffrance humide, sans l’ombre d’un doute.

Les chiens hurlent, ordonnent,  assoiffés et haletant, d’étancher les attentes vivaces d’électeurs plantés aux abords des routes de l’ambition.

Des solutions sont montées de toute pièce, au flair de l’urgence.

Les champs se parsèment d’hélices à contourner le temps.

Le désarroi porte la mélodie des sirènes.

Les peaux rouges rentrent d’un voyage où le soleil s’est couché.

Des avions décollent, chichement décorés en direction de paradis économiques.

L’empire agraffe quelques épitaphes sur ses banderolles au vent.

Le bonheur jouit de ses oripeaux.

Et m’alanguit au chat brûlant qui me toise.

 

Cribas 23.07.2026

 

 

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